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dimanche 22 janvier 2017

La La Land



Après le détonnant Whiplash, le jeune réalisateur Damien Chazelle rend hommage à la comédie musicale avec La La Land. S'inspirant d'Une étoile est née de George Cukor et New York New York de Martin Scorsese, le scénario n'a pas les intentions de faire un chef d'oeuvre mais de rendre un hommage vibrant au cinéma et à la musique. Une nouvelle réussite pour ce jeune cinéaste qui s'affirme définitivement comme un des plus grands cinéastes, un des indispensables à suivre dans les années à venir. 

Le film commence comme une pure comédie musicale en plan séquence complètement fou et euphorisant pour aller lentement dans un rythme beaucoup plus jazzy et à la touche mélancolique. Toujours sur le fil du rasoir et avec un équilibre et une alchimie bien pesée et bien pensée, La La Land repose sur la mise en scène et le magnétisme des deux acteurs. Bien qu'il ne soit ni danseurs, ni chanteurs les acteurs sont parfaitement dirigés et leur magnétisme est utilisé à bon escient. 

Porté par deux heures de musique (on dirait un concert ou un opéra, moins un film) on retrouve constamment, l'amour et le respect communicatif du cinéaste de la vieille époque avec le côté très puriste du jazz et du cinéma. Opposé délicatement à ceci on se retrouve avec la vision plus moderne et réaliste comme quoi on ne peut pas vivre dans le passé et rester complètement puriste. Les intentions du cinéaste ont changés, bien que similaires, et sont à l'image de JK Simmons (encore lui mais cette fois patron d'un club de jazz) dans ce film, une main de fer dans un gant de velours. 

La La Land est un faux feel good movie, un film musical à la fois enchanteur et mélancolique, drôle et amer à la fois. Le cinéaste joue sur une palette vaste de tons, sans en prendre un véritablement avant le bouquet final, d'une superbe classe. Avec un discours frais et moderne, le cinéaste ne dit pas c'était mieux avant, ni que c'est mieux maintenant il fait un état des lieux juste et pertinent sur la création et le métier d'acteur et de musicien aujourd'hui. Si tout repose sur une simple histoire d'amour à aucun moment on sent de faiblesse ou de passage à vide. Cela même si avec un peu plus d’approfondissement narratif le film aurait sans mal gagné en originalité.  

Comme Hugo Cabret de Martin Scorsese et The Artist de Michel Hazanavicius, on peut retrouver les qualités et les défauts de ces hommages au cinéma dans ce La La Land. Cependant il y a une qu'on ne peut absolument pas remettre en cause ce sera le talent des cinéastes et leurs démarches sincères derrière tout cela. La La Land est à ne pas rater car c'est tout simplement du très bon cinéma. 

Réalisation et scénario : Damien Chazelle
Durée : 2 h 
Interprétation : Emma Stone, Ryan Gosling, John Legend, J.K Simmons...

dimanche 8 janvier 2017

Sing Street



Incontestablement mon gros coup de coeur musical de l'année 2016. Sing Street est un splendide feel good movie extrêmement revigorant et bourré d'énergie par le réalisateur de Once et New York Melody

Sur fond de Teen movie, John Carney écrit une fiction musicale pleine d'humour et de sentiments. Un vrai plaisir musical se dégage du début à la fin et le scénario n'oublie pas de jouer avec la mode et les mœurs de l'époque. Le tout est porté par des personnages bien troussés et surtout campés par de jeunes interprètes talentueux. La légèreté et la simplicité sont sans doute les deux ingrédients phares de ce Sing Street qui permettent rapidement à l'ensemble de décoller et se démarquer des autres films. 

Impossible de ne pas penser au film d'Alan Parker Les Commitments par moment. Heureusement le cinéaste par sa sincérité et sa fraîcheur donne au film rapidement une personnalité et une authenticité. Contrairement à ses deux précédents films réussit cette fois à dépasser le film musical sympathique. Il y a dans Sing Street la fameuse touche anglaise qui change tout et fait plaisir à voir et entendre, donnant incontestablement une âme à l'ensemble. Une pêche monumentale se dégage du film et on ressort avec l'envie de faire de la musique et surtout de le revoir. 

Bande originale brillante, drôle et sensible sans jamais entrer dans la niaiserie, Sing Street est un divertissement de luxe et généreux rempli d'énergie positive qui est à voir et revoir. John Carney a trouvé le meilleur remède contre le "blues".  

Réalisation et scénario : John Carney
Durée : 1 h 40
Interprétation : Ferdia Walsh-Peelo, Lucy Boynton, Jack Reynor, Maria Doyle Kennedy...


mercredi 27 avril 2016

Vinyl



Genre : Sexe drogue and rock and roll

Cela faisait de longues années que Mick Jagger et Martin Scorsese se consentaient pour faire un film sur le rock. Au fil du temps c'est donc une série qui s'est lentement profilée et finalement produite par la célèbre chaîne HBO. Scénarisée par Terence Winter, le pilote de presque deux heures est réalisé par Martin Scorsese et les neuf autres par de solides artisans sur les pas du cinéaste. Alors bien ou pas bien ? Sans être une grande série, Vinyl ravira avant tout ceux qui ont surtout les références musicales et les fans du cinéaste. 

Je pense qu'avant tout pour apprécier cette série tout dépendra de votre génération et surtout de votre culture musicale. Le public visé sont les quinquas qui connaissent leurs standards musicaux de l'époque ou ceux qui ont de la culture musicale de ces années là. Niveau climax et développement, on est loin des produits à la mode également. L'écriture, de Terence Winter prend le temps de développer ses nombreux personnages, une époque et une industrie qui partent en vrille. Tout est baigné dans la nostalgie, le chao de la violence, l'argent, la drogue et la route du succès. Toutes les pistes s'éparpillent entre les dégâts de la drogue et le "bordel" musical de l'époque où l'on ressent en permanence une mutation des goûts du public pour la musique, ainsi que des générations musiciens, de cultures et de modes.

Le personnage campé par le génial Bobby Cannavale est un genre de Tony Montana qui a déjà réussi son ascension et qui voit se profiler lentement une mort au niveau professionnel et sentimental. Finestra est un personnage très Scorsesien, hanté par ses démons, toujours troublé par le choix du bon et du mauvais chemin ou encore témoin d'une illumination, tel un messie, un prophète incompris dans l'univers musical des années 70. Tout cela est abordé sans véritablement être approfondi. C'est d'ailleurs ce que l'on peut reprocher à la série de seulement esquisser une époque et ne pas vraiment aller au fond des sujets. Mais aussi peut-être n'est ce pas son plus grand plaisir ? Celui de se laisser bercer par les reconstitutions, la merveilleuse bande son et les anecdotes assez succulentes sur des légendes de la musique. A vous de voir, les acteurs quant à eux se font plaisir et cela se voit. 

Ceux qui ont les références de séries télévisuelles actuelles ne manqueront pas de faire un gros parallèle avec Mad Men. Je pense que bien d'autres grandes séries peuvent ombrager l'originalité de Winter pour le coup mais au fond d'elle même, Vinyl est honnête et c'est peut-être ce qui est le plus important. Il n'y a qu'à voir le pilote de Scorsese qui est le plus virtuose, le plus étiré et surtout le plus cinématographique. On est entre Le loup de Wall Street (écrit par Terence Winter aussi) et le génial A tombeau Ouvert, soit un long métrage scorsesien assez bluffant qui se penche également sur un côté beaucoup plus nostalgique à la Jim Jarmusch. On retrouve la touche musicale et les anecdotes de Mick Jagger et les thèmes de Martin Scorsese tous écris avec un savoir faire aussi classique que solide. Toute l'essence de la série est dans le pilote. Sans doute aussi la meilleure scène de la série, la plus surréaliste et la plus représentative de l'ensemble de la structure : celle de la salle de concert qui s'effondre par la musique. Du grand Scorsese d'ailleurs, encore une fois. 

Le pilote est porté par la maîtrise du cinéaste des Affranchis, les suivants par un peu plus de rebondissements. Entre classicisme et points de vue beaucoup plus envoûtants, la série est toujours le cul entre deux chaises mais plaisante à suivre en terme de mise en scène. Tout est maîtrisé pour faire ressortir assez finement une touche à la fois très artistique et documentaire sur le New York de l'époque. A la fois assez humaine et complètement dénuée de pathos, l'écriture garde le cap et reste tranquillement sur son îlot musical. Est ce que c'est de la non prise de risque et une énorme imposture de finalement ne pas raconter d'histoire sur dix épisodes ? Cela peut se ressentir mais à mon avis, tout est calculé dès le départ pour que le plaisir de la série viennent ailleurs que pour ses péripéties et son air de déjà vu. 

Le grand charme de cette série se dégage à mon goût par le parfum seventies et le bain musical qu'il se dégage. Vinyl est un grand film qui a juste le format et l'ossature d'une série classique. Comme dans pas mal de films de Scorsese tout est bien plus profond que la simple intrigue contée. On retrouve dedans ce qu'il y a de plus excitants dans ces années, un New York qui bouge et une musique, une culture carrément qui est en constante effervescence, mouvance et évolution. Une ébullition de culture qui fait plaisir à voir dont les créateurs rappellent avec une certaine élégance que finalement l'art et son public est un peu à l'image de New York, une grande ville composée de pleins de communauté différentes et qui ne se mélange pas tant que ça. Il en faut pour tous les goûts, il n'y a pas vraiment de recettes ni au succès, ni à la qualité. Un produit réussit ne dépend que des références d'une époque et d'une attente du public bien précises.

La série est aussi plaisante que de se réécouter des vieux standards mais avec l'âme, la touche visuelle et immersive de l'époque en plus. Le générique correspond tout à fait à la série d'ailleurs. Vinyl est une série qui porte parfaitement bien son nom, couvrant de plaisir le public qui aime se replonger dans ces différentes références musicales mais au risque de profondément ennuyer celui qui ne les connais pas et qui recherche une série plus proche des standards actuels. 

La saison 2 étant annulée, cette série se retrouve à moitié handicapée au niveau de son développement de personnage et désormais se repose uniquement sur la nostalgie, le côté documentaire et immersif de la musique des années 70. Finalement, peut-être que l'on retiendra de Vinyl, un pilote qui fait figure d'un film de Martin Scorsese, une coquetterie du cinéaste à part entière que l'on peut prolonger en regardant les autres épisodes. 





jeudi 31 décembre 2015

Ricki and the Flash




Réalisation : Jonathan Demme
Scénario : Diablo Cody
Durée : 1 h 40
Interprétation : Meryl Streep, Mamie Gummer, Kevin Kline, Rick Springfield...
Genre : Portrait de famille

Synopsis

Pour accomplir son rêve et devenir une rockstar, Ricki Rendazzo a sacrifié beaucoup de choses dans sa vie, et commis pas mal d'erreurs. Dans l'espoir de se racheter et de remettre de l'ordre dans sa vie, elle décide de revenir auprès des siens. 

Il y a longtemps que Jonathan Demme se fait très discret. Disons qu'il filme surtout des concerts de son ami Neil Young au lieu de se tourner vers des grandes productions cinématographiques. Dommage car ce cinéaste a quand même l'originalité et la qualité de choisir des films intéressant et en plus avec des personnages principaux féminins. Ici c'est pareil, il y a même la musique qui s'ajoute au cocktail avec un casting très sympathique. 

Le cinéaste du Silence des Agneaux devait forcément un jour croiser Diablo Cody qui écrit des scénariis avec des rôles féminins pour le cinéma indépendants et les séries. Dans Ricki and the flash il y a exactement la même démarche que Juno et Young Adult, de la comédie dramatique destinée à une génération bien particulière. Celle de ce film est plus proche des quarantenaires marié et/ou divorcé. Le film concilie les deux genres assez bien mais sans tour de force et sans rien révolutionner dans le thème. Au niveau de la mise en scène le cinéaste fait plutôt pas mal le boulot, il y a de l'humour, de l'émotion et de belle partie musicales, de quoi passer un agréable moment mais rien de très transcendant non plus. 

Un peu comme Young Adult tout repose sur l'interprétation des acteurs car finalement le film manque de développement et d'ambition. Meryl Streep et sa fille sont un excellent choix, Kevin Kline (acteur bien trop rare) encore mieux. Le film est séparé en deux parties, les retrouvailles qui ressemble à du théâtre plutôt sympathique et une seconde plus musicale et plus sentimentale. C'est un peu plus cache misère qu'utile à la narration et au film. L'écriture meuble et devient vite un happy end bien négocié mais finalement qui confirme le manque de profondeur du scénario. 

Cependant Ricki and the Flesh est un film agréable à suivre qui ravira les fans de musique et de Meryl Streep ringarde et pathétique à souhait. Jonathan Demme lui est désormais un réalisateur endormi et qui fait le minimum. Un peu à l'image du scénario. 

Note : 5 / 10


mardi 22 septembre 2015

N.W.A - Straight Outta Compton



Réalisation : F Gary Gray
Scénario : Alan Wenkus et Andrea Berloff
Durée : 2 h 25
Interprétation : O'Shea Jackson Jr, Corey Hawkins, Jason Mitchell, Paul Giamatti... 
Genre : Méfiez-vous des glaçons en cubes du docteur Andre

Synopsis

Les origines du Gangsta Rap avec le succès du N.W.A avec Ice Cube, Dr Dre et Easy-E de 1987 à 1992. 

Je ne suis pas fan de rap à la base et je ne connaissais donc rien du film que j'allais voir. Finalement, j'ai été assez emballé. Si le fond n'a rien de révolutionnaire et au final un peu convenu, la forme est pleine d'énergie, nous épargne des clichés et des lourdeurs que l'on nous offre souvent dans le genre. On est entre le film musical à la 8 Mile de Curtis Hanson et le film de gangster presque à la Scorsese tout le long. Le cinéaste F Gary Gray, toujours sous estimé selon moi, réussit avec beaucoup d'habileté à mettre en scène tout cela. Il brille en faisant juste ce qu'il faut pour faire monter la température et rendre la densité nécessaire au scénario. Devant la caméra, des jeunes acteurs très prometteurs font monter la tension, l'émotion et surtout font ressortir la matière brute de la haine et donc du sujet principal, à l'image des morceaux de raps. 

Si le film traite des origines de grandes célébrités et d'un courant musical culte, il fait surtout échos aux émeutes raciales qui sont hélas toujours d'actualités. Ce qui explique en partie le succès du film aux Etats-Unis. Si le côté policier raciste et qui fait la loi manque de nuance, il nous touche forcément. Si Ice Cube et Dr Dre sont producteurs du film, leurs portraits ne tombent jamais dans les éloges. Ils sont agréablement nuancés du début à la fin, même si un peu policés par moment. Si les quelques scènes d'émotions freine la nervosité du film, la mise en scène de F Gary Gray oscille entre violence et un aspect documentaire très efficace. Sans fioritures, le cinéaste vise constamment entre le film d'auteur et le biopic à Oscar tantôt sincère tantôt d'une redoutable efficacité. 

Le scénario lui s'attache plus (un peu trop) au côté business et les embrouilles d'argent qui joueront un moment sur leur amitié. On y trouve  également leurs rapports avec les gangs durant leur ascension. L'amitié, la vie personnelle des membres et même la musique reste souvent en second plan, comme beaucoup de biopics. Seulement les intérêts politiques et historiques sont judicieusement mêlés à l'intrigue principale. Cela donne l'effet de suivre une fresque prenante, à mi chemin entre du film de gangster efficace et biopic bien écrit. La partie documentaire assez rageuse prend à la gorge, la personnalité du trio de tête gagne rapidement une ampleur tout à fait intéressante, et surtout juste. 

Mais le plus jouissif du film reste clairement l’atmosphère qu'insuffle le cinéaste. Du début à la fin le rythme est effréné, reste clair et sait monter une tension dans tous les domaines qu'il aborde. Pour cela c'est un film réussi. Les concerts sont vraiment spectaculaires; surtout celui de Detroit. Les différentes tensions, les scènes de violence sont explosives, l'utilisation de la musique de l'espace et du rythme sont d'une grande grande maîtrise.  Il en est de même pour les scènes d'enregistrements avec la justesse des acteurs, tout est clairement une réussite formelle. Il est dommage que le scénario ne développe pas plus la vie personnelle des protagonistes et que leurs côtés obscurs restent convenus. Le sujet s'attarde plus sur le côté label, commercial et les déboires du succès et de la création. Que vous aimez ou non le rap, je recommande ce film pour sa mise en scène nerveuse et la matière brute qu'il dégage, digne des morceaux de rap. Le contrat est rempli, et cinématographiquement ça tient la route !

Note : 7,5 / 10

dimanche 6 septembre 2015

We Are Your Friends



Réalisation : Max Joseph
Scénario : Meaghan Oppenheimer et Max Joseph
Durée : 1 h 30
Interprétation : Zac Efron, Emily Ratajkowski, Wes Bentley, Jon Berntal, Shilow Fernandez...
Genre : Clip sans enjeux

Synopsis

Cole, un jeune DJ de 23 ans, fait connaissance de James, un DJ expérimenté, qui décide de le prendre sous son aile pour le faire évoluer et lui offrir l'opportunité de faire son métier en plein temps. 

Le premier film de Max Joseph est un film distrayant mais hélas aussi vite vu qu'oublié. Son plus gros défaut est d'être surtout calibré comme un produit MTV. Le film surfe formellement avec les effets stylistiques à la mode du moment. que ce soit Youtube ou MTV. Les clichés sont plutôt bien filmés et peu pompeux mais l'ensemble reste toujours dans le superficiel. On se retrouve comme devant un long clip d'un morceau electro maîtrisé mais qui peine à illustrer un semblant de scénario. Ce dernier est bien trop pauvre pour convaincre. 

Le résultat est finalement très bancal et on sort de We Are Your Friends avec une impression de ni bien ni mauvais. Globalement bien interprété et proprement mis en scène, il n'y a hélas aucun enjeu dans le scénario. On dirait que le film contente le public en lui montrant ce qu'il veut. Derrière le scénario ou la caméra, personne ne prend la peine de faire quelque chose de construit et d’intéressant. On suit donc une succession de scènes anecdotiques plutôt faiblardes avec de beaux personnages qui font la teuf en Californie sur de la musique electro. Pourquoi pas. De là à suivre pendant une heure et demie des longs effets étirés au ralenti, un semblant d'émotion, des pistes dramatiques légères et téléphonées longtemps à l'avance par le spectateur, faut quand même pas pousser. 

Cependant, il y a du rythme et une application permanente à bien faire le boulot. Et cela fait plaisir à voir car au final même si ça ne raconte rien le produit tient la route dans sa forme. Max Joseph rend une copie loin d'être exécrable comme on pourrait le voir dans la plupart des produits calibrés et vides de la sorte. Dommage que le fond et le style soient si insipides. Ce film est un peu un Magic Mike sans ses shows et la virtuosité et / ou le cynisme d'un cinéaste derrière tout cela. C'est distrayant mais sans intérêt sauf pour les fans d'electro et de Zac Efron. Heureusement ces deux là sont souvent au premier plan et gèrent du début à la fin. 

Note : 5 / 10

vendredi 21 août 2015

The Last Waltz



Réalisation : Martin Scorsese
Montage : Jan Roblee et Yeu-Bun Yee
Durée : 1 h 50
Avec la participation de : The Band, Bob Dylan, Neil Young, Neil Diamond, Muddy Waters, Ringo Starr, Eric Clapton, Joni Mitchell...
Genre : Voyage musical temporel

Synopsis :

Le dernier concert du groupe The Band en Novembre 1976 avec des invités de luxe.

Après quinze ans d'activités, le groupe The Band se sépare. A cette occasion ils font un concert d'adieu avec des invités de prestige pour leurs fans. Alors que pour Martin Scorsese New York New York est un bide total, la production lui propose de filmer ce concert en attendant de lui confier un autre projet. Ravi le cinéaste accepte car il adore la musique, particulièrement ces musiciens. Il sera par la suite très lié à Robbie Robertson. Le cinéaste arrive même à prendre les techniciens de Taxi Driver pour rendre la scène un lieu de spectacle bien plus photogénique à l'écran.

Entrecoupé d'images d'archives et d'interviews judicieusement choisies, cette captation du concert est absolument sublime. The Last Waltz est certainement ce qu'il se fait de mieux dans le genre, ce que tout groupe de musique rêve de posséder comme testament. Le film possède de superbes plans, une mise en scène qui fait dégager toute l'intensité, toute l'émotion des musiciens, interprètes et surtout de la musique. Pendant presque deux heures, nous sommes plongés dans un fabuleux hommage à la musique. Comme pour le cinéma, la passion du cinéaste pour la musique est ici très communicative.

Martin Scorsese avait fait du montage sur Woodstock de Michael Wadleigh qu'il avait beaucoup apprécié. Ici il transcende son modèle. Lentement le concert filmé gagne une énergie musicale rarement si bien retranscrite à l'écran. Tous les morceaux sont excellents, à l'image des guests qui défilent devant nos yeux, avant de tous venir sur scène ensemble. Non non ce ne sont pas Les Enfoirés, ni les NRJ music Awards même si la démarche et la même. Rien de commercial, puis c'est de la vraie musique que l'on parle ici. Si The Last Waltz reste moins virtuose techniquement que son dernier concert filmé sur les Rolling Stones Shine a light, il est bien plus réussi. Beaucoup plus de chaleur se ressent et la technique est en adéquation avec ce qu'il filme du début à la fin. Nous sommes dans une époque et un contexte beaucoup moins commercial, où c'est donc la musique qui parle avant tout. Scorsese a préalablement tout story-boardé et préparé l'éclairage, ce qui donne vraiment du cachet à son concert filmé. 

Pas de papier glacé donc, on ressent une ambiance à la fois tendue entre les membres du groupe qui se séparent mais aussi une superbe solidarité entre eux à finir leur carrière en beauté. Les superbes captations de ce live m'ont donnés envie de découvrir ce qu'avait fait le groupe. Personnellement je trouve que c'est un groupe un peu comme The Byrds, il y a un peu de tout. On retrouve beaucoup de morceaux biens mais tous un peu similaires, avec un léger style bien à eux. Le concert est ce qu'ils ont fait de mieux, sans vouloir être méchant. En même temps, ce concert est d'une telle force qu'il n'y a aucune honte à la dire. Voir Muddy Waters, Bob Dylan ou Neil Young ainsi qu'un brassage génial de plusieurs styles musicaux comme le Blues, la Country, la Soul, le Bluegrass et bien entendu le Rock : c'est juste du caviar pour n'importe quel mélomane. Je n'en dis pas plus, vous l'aurez compris, c'est une perle de concert filmé que je recommande absolument.

Note : 10 / 10





jeudi 20 août 2015

Into The Woods - Promenons-nous dans les bois



Réalisation : Rob Marshall
Scénario : James Lapine 
Durée : 2 h 05
Interprétation : Meryl Streep, Emily Blunt, Anna Kendrick, James Corden, Chris Pine, Daniel Huttlestone, Lilla Crawford, Johnny Depp...
Genre : Musical plutôt fun 

Synopsis

Jack et le Haricot Magique, Raiponce, Cendrillon, Le petit Chaperon rouge se retrouvent "dans les bois" pour une revisite des contes originaux assez modernes, originales et surtout musicales. 

Into The Woods n'est pas resté en salles très longtemps sans doute parce que le public attendait autre chose qu'une comédie musicale remplie de second degrés de la part de Disney. Du coup le film a fait un flop monumental, que ce soit de la part de la critique que du public, et c'est bien dommage. Cela confirme hélas que la firme Disney doit toujours être sérieuse et niaise au premier degrés pour plaire au grand public, ce qui n'est pas le cas du cinquième film de Rob Marshall. 

Quand on sait qu'une production Disney glisse des morts sans violons, des dialogues et des situations complètement déjantées et grossières avec un scénario qui dépeint des personnages de Contes comme des vulgaires pantins décérébrés dans un seul film... que demander de plus ? Loin d'être un chef d'oeuvre, je trouve que la démarche est vraiment sympathique et le traitement plutôt bien maîtrisé. A noter que la morale n'est pas pompeuse, la niaiserie ne prend jamais le devant et cela même si les numéros musicaux se ressemblent tous. Ces derniers tiennent cependant le cap grâce au bon savoir faire de Rob Marshall, revenu enfin en bonne forme après deux films plutôt nuls. Les acteurs en font des tonnes pour notre plaisir, Meryl Streep en particulier. D'une fluidité de mise en scène et d'une cohérence narrative très correcte, Into The Wood est une revisite aussi sympathique que distrayante des Contes dans les Bois. Le scénario ne manque pas de faire des clins d'oeil réjouissants aux contes comme au cinéma (Monty Python et Magicien d'Oz) et de rendre un spectacle agréable particulièrement pour ceux qui connaissent les histoires. On se retrouve devant une sorte de musical entre le mauvais goût très assumé et la trame dramatique typiquement des shows de Broadway. 

Rob Marshall ne retrouve pas la force de la mise en scène de son premier film Chicago mais il retrouve le savoir faire plutôt bon et parfois jouissif de son deuxième film Mémoires d'une GeishaCette revisite est moins sérieuse et frustrante que Maléfique de Robert Stromberg sorti l'an dernier mais reste victime quand même de sa longueur. Vingt minutes en moins seraient bienvenues car le scénario s’essouffle sur la fin, comme pas mal de films de nos jours, tous un peu long pour ce qu'ils racontent. Attention cependant car Into The Woods n'est pas une comédie musicale classique. Cinématographiquement le genre est loin d'être bouleversé, loin de là, on reste très éloigné des numéros musicaux qui restent en tête comme dans les grands classiques du genre. Pour apprécier le film je pense qu'il faut prendre le tout comme un opéra moderne au grotesque assumé dans la mode du radio crochet. Il faut avoir un second, même un troisième degré affûté pour l'apprécier pleinement. Cette dérision est clairement assumé tout le long de la part du scénario et du metteur en scène, une prise de risque pour Disney qui le paye pour le coup bien trop cher. Parfois c'est très drôle et très loin de l'esprit de base de la firme. 

Sans être un grand film, Into The Woods signe le retour d'un bon Rob Marshall avec quasiment uniquement de l'autodérision. Ce show musical filmé ne vieillira sans doute pas très bien avec ses effets mais reste drôle et original par rapport à l'ensemble des autres productions. C'est sa grande force mais forcément comme souvent quand c'est un produit Disney, sa faiblesse auprès de son public qui n'accroche pas et le dénigre. Il est rare qu'un Disney sans grosses ficelles soit apprécié à sa juste valeur. Exactement comme trois mois plus tard avec le film de Brad Bird A la poursuite de Demain. En dessin animé, Kuzco l'empereur mégalo de Mark Dindal reste mon meilleur exemple. Le seul dessin animé Disney qui possède comme chez Dreamworks presque uniquement du second degrés et qui reste pour moi un des meilleurs de la firme. Les goûts et les couleurs comme on dit si bien, surtout pour changer de conversation. Pour résumer Into The Woods est un musical rafraîchissant pour ceux qui ont encore de l'humour et de la dérision. 

Note : 6 / 10

mardi 18 août 2015

New York New York




Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : Mardik Martin et Earl Mac Rauch
Durée : 2 h 40
Interprétation : Robert De Niro, Liza Minnelli, Lionel Stander, Barry Primus...
Genre : Musical Noir

Synopsis :

Après sa victoire sur le Japon, New York est en liesse. Jimmy Doyle, saxophoniste et jeune soldat, rencontre Francine Evans, jeune chanteuse au Starlight Club en pleine fête. Le hasard et leur métier les font se rencontrer de nouveau. Ils vont s'aimer, faire une carrière ensemble, connaître la gloire puis finir par se séparer. Ils se retrouveront seulement dix ans plus tard.

New York New York fut un tel échec financier à sa sortie en salles que l'on a retenu à tort que cela du film pendant des années. La presse avait accueilli le film assez tièdement, le public quant à lui ne voulait plus du tout voir ce genre depuis des années. Par la suite la notoriété de Robert De Niro et de Martin Scorsese redonnera heureusement une second chance à ce très grand film qui est bien plus qu'un musical banal. Sous sa carapace de film musical se cache un grand Scorsese, sa première fresque avant Les Affranchis, Casino Gangs of New York et Le Loup de Wall Street. Le cinéaste signe donc une magnifique fresque intemporelle, très sentimentale et violente sur la vie d'artiste. Le cinéaste en profite par la même occasion pour rendre hommage à l'âge d'or des comédies musicales des années quarante et cinquante avec de superbes numéros et chansons.

Même si c'est un commande, ce film tenait à cœur à Martin Scorsese car c'était déjà un grand cinéphile. Il faut tout de même avouer que cette commande était quand même à la base assez ingrate de la part des studios car la comédie musicale était dépassée. Le genre était éteint auprès du grand public depuis des années et faisait des flops financiers depuis au moins quinze années. Surtout pour le public et la presse qui n'a pas vraiment apprécié et eu la curiosité de voir un des cinéastes les plus provocateurs de leur époque avec Taxi Driver faire une comédie musicale "old school". Les apparences sont trompeuses comme on dit car New York New York est un très grand drame avec une violence sentimentale particulièrement forte et émouvante. Malgré ses propositions et ses tournages très nombreux, De Niro souhaitait absolument être de nouveau avec Martin Scorsese pour interpréter le rôle de Jimmy. Perfectionniste, l'acteur s'est transformé en saxophoniste avec l'aide de Clarence Clemons. Il est impressionnant une nouvelle fois par son jeu et ses improvisations au saxo qui restent en tête. En face de lui, on retrouve la fille d'un des mentors du cinéaste et de la comédie musicale : Liza Minnelli. Elle est excellente et trouve avec Cabaret de Bob Fosse son meilleur rôle. Les deux acteurs donnent toute la profondeur possible à leurs personnages, au couple et au potentiel du scénario. Poignant, émouvant, le spectacle est tout aussi violent que les gangsters ou névrosés habituels du cinéaste. On est dans du pur cinéma de Martin Scorsese qui nous donne un magistral avant goût d'un de ces chefs-d’œuvre émotionnel hélas toujours bien trop méconnu Le temps de l'innocence.

Martin Scorsese dans sa mise en scène garde une forme relativement classique. Un académisme qui met en relief l'interprétation et le scénario. Mais quand je parle d'académisme ce n'est absolument pas celui qui est pompeux, lisse ou celui des oscars. Non celui des grands comédies musicales où chaque plan sont d'une élégance, d'une émotion, d'une idée qui font décoller le film vers le haut, presque le chef d'oeuvre ici. On est baigné dans une superbe photographie dans des décors de studios particulièrement travaillés pour un pur moment de bonheur. Tout est un vibrant hommage à la fois personnel et passionné au genre musical. Le cinéaste s'est entouré de Boris Leven le décorateur de nombreuses comédies musicales dont West Side Story de Robert Wise et Jerome Robbins. Il utilise des cadrages souvent très carrés en hommage aux films de Cukor, Minnelli, Stanley Donen et Gene Kelly et fait durer des numéros pour faire passer le temps à la narration du scénario. Ce n'est pas tout car c'est aussi pour faire un dernier adieu au genre à son public amateur de comédie musicale. Le fait en plus d'avoir Liza Minnelli, fille de Vincente Minnelli et de Judy Garland confirme l'hommage absolu.

Ne nous trompons pas pour autant car c'est aussi un film d'un grand réalisme. Le cinéaste comme d'habitude fait confiance à l'improvisation et une nouvelle fois ça paye. Les deux tiers du films sont d'ailleurs des scènes improvisées. On pourrait presque dire que seules les parties chantées sont répétées auparavant. New York New York reste avant tout un film sur la musique. Les deux personnages sont musiciens, se rencontrent par la musique, feront carrière dedans mais se sépareront également à cause d'elle. Une histoire d'amour rude et poignante sur toute une époque où les artistes sont en compétition au point d'en sacrifier leurs sentiments. Scorsese passionné de Powell ne se manque pas de faire des clins d'oeil aux fameux Chaussons rouges, comme tout au long de sa carrière d'ailleurs. On retrouve beaucoup de références assez savoureuses mais le tout prend au tripes quand on voit la hargne et la force des deux acteurs se battre en duel pendant presque trois heures tout en émotion et violence psychologique. New York New York est un superbe film sur la musique mais aussi un superbe drame sentimental. Le tout est mené comme un combat de Boxe savoureux avant qu'il fasse Raging Bull. De Niro est presque aussi abominable qu'en Jake La Motta, il est bien plus manipulateur et vicieux ici. 


Scorsese fait souvent disputer le couple dans une voiture quand ils sont isolés de leur public ou de leurs proches. On retrouve des images assez glaçantes des coulisses du show biz, des coulisses du succès, des collaborations entre mari et femme. On retrouve la vie, les pensées, les influences de beaucoup d'artistes tout le long de cette fresque sublime. Beaucoup de symboliques, d'analyses de références se dégagent et nous poussent à un autre visionnage. C'est un film fameux sur le couple, très bien écrit et dirigé avec beaucoup de subtilités et qui dégage une dimension tragique particulièrement forte et amère. New York New York est une fresque dense qui se termine ni comme un Happy End comme la chanson peut le suggérer, ni comme une fin complètement pessimiste. Je dirais plus comme nostalgique, triste et belle à la fois, un peu comme le testament d'une relation et la sensation d'avoir vu cinématographiquement le dernier film musical typiquement dans la trempe des années quarante et cinquante. Scorsese qualifie que son film est un « musical très noir » et il résume parfaitement le tout. Pour ma part il reste et restera toujours un des plus grands films du cinéaste. Le titre n'est pas hasardeux non plus, Scorsese et New York c'est une longue histoire. Celle là est incontournable. 


Note : 9,5 / 10

samedi 11 juillet 2015

Magic Mike XXL



Réalisation : Gregory Jacobs
Scénario : Reid Carolin
Durée : 1 h 50
Interprétation : Channing Tatum, Matt Bomer, Joe Manganiello, Elisabeth Banks, Andy Mac Dowell... 
Genre : Numéro deux honorable

Synopsis

Trois ans après l'abandon de Mike de sa vie de Strip-teaser, la troupe des Kings Of Tampa sont eux aussi prêt à jeter l'éponge. Mais ils veulent le faire à leur façon. Mike revient dans la troupe et veut faire les choses en grand. 

Le premier opus réalisé par Steven Soderbergh est une comédie dramatique bien tenue et réalisée. Il fait penser à American Gigolo de Paul Schrader dans nos années 2000 avec la patte d'un grand cinéaste derrière. L'idée d'en faire un deuxième opus est dispensable mais apparemment pas pour les studios qui profite du succès du film auprès des femmes. Cela pour le grand bonheur de ces dernières et de Channing Tatum qui prend ici à nouveau un grand plaisir à rempiler le rôle. Les femmes vont se régaler une nouvelle fois car les numéros sont au point, le scénario hélas un peu moins.

Cette fois à la mise en scène c'est l'assistant réalisateur et le directeur de la photographie de Steven Soderbergh qui s'y colle. Gregory Jacobs n'est pas si mal derrière la caméra même si on sent que la photographie est plus appliquée que le reste. Même si le montage reste pro et la bande son au top, l'ensemble reste un peu comme le scénario, un cran en dessous du premier opus. Niveau scénario Reid Carolin se montre moins inspiré et tranchant. Dans la mise en scène c'est peu comme les frères Coen avec J.Todd Anderson pour The Naked Man : on retrouve l'esprit et l'univers de leur formateur mais en plus mollasson et avec moins d'âme. Ce second opus ressemble donc au premier mais en plus paresseux et mou mais avec quand même une bonne énergie derrière. Il est plus drôle dans son scénario (humour réussi avec Dallas et la carrière actuelle de McConaughey) mais aussi un peu plus ennuyeux et lisse.

Au programme du blabla, un peu de sentiments et des danses. Le problème du script et du film reste des longues retrouvailles et beaucoup de blabla plus ou moins drôle qui s'étale sur les deux tiers du film. On retrouve clairement en référence le classique de John Landis The Blues Brothers avec la reconstruction d'un groupe mais plus baigné dans de la comédie d'un bon Jude Apatow. Le tout reste distrayant et sans prise de tête et n'entre jamais dans la comédie bien lourde. Un bon point pour ce genre de film. On regrettera de voir qu'un immense show final et pas plus souvent au cours du film. Il reste heureusement un passage assez drôle à se mettre sous la dent (ou sous l’œil cela dépend du point de vue) sur la route durant une pause dans une station service. Channing Tatum est un excellent danseur, il est drôle (le diptyque Jump Street le démontre très bien) et peut-être sérieux quand il le faut (Foxcatcheur). Il concilie l'ensemble de ses talents et ça fonctionne bien. Le reste du casting reste pas mal et plutôt bien composé. D'Elisabeth Banks (partout en ce moment) au retour d'Andy Mac Dowell (plutôt drôle), les acteurs tiennent le cap et le rythme.

Les show musicaux sont bien filmés et chorégraphiés, c'est plaisant sans entrer dans la facilité ni pour autant dans l'originalité. On comprend rapidement pourquoi d'après les sondages aux Etats-Unis 96 % des spectateurs du film sont des femmes car tout est écrit et mis en scène pour leurs yeux et les émoustiller. Sans parler de la campagne promo et le casting. Sinon Magic Mike XXL pour n'importe qui n'est pas vulgaire et loin d'être un navet mais un divertissement plutôt honorable dans la forme et la manière. S'il a tendance à dénaturer le premier opus pour en faire un plus gros strip-tease à la fin il ne se moque pas du film original ni de son public et reste même assez généreux. Inutile de rappeler que c'est n'est pas le cas de tous les films. 

Note : 6 / 10


Amy



Réalisation : Asif Kapadia
Montage : Chris King et Jaime Leonard
Durée : 2 h 
Intervenants : Tony Bennett, Pete Doherty, Blake Fielder...
Genre : Paris Match Movie

Synopsis

L'ascension et la chute de la chanteuse Amy Winehouse, une des plus grandes artistes de ces dernières années. 

Ce documentaire a fait sa petite sensation au Festival de Cannes. Qu'on aime ou pas, Amy Winehouse avait une voix extraordinaire, c'est indéniable. Pour ma part ses musiques sont sublimes et c'est bien triste que son exploitation et son succès l'aient faite disparaître si tôt. C'est une bonne idée et je dirais essentiel de faire un documentaire sur cette personnalité encore contemporaine aussi controversée médiatiquement que respectée dans le milieu. Ce documentaire se penche sur son histoire personnelle, souvent désespérée et à la destinée particulièrement triste. Il est bien dommage que les influences de sa musique, son côté artistique et sa personnalité soient complètement absents.

Amy c'est deux heures de coupures de presse qui se visionnent sans difficultés grâce à un montage rythmé et à l'écriture drainée de manière grossière et rapide à la manière d'un reportage télé. Seulement on apprend pas grand chose de plus que ce que l'on savait déjà sur la chanteuse à travers les médias. Tout reste dans le superficiel, tout est très, trop vite traité et absolument rien n'est approfondi ni réfléchi. On a droit uniquement à des témoignages et des points de vue de journalistes et de proches pas vraiment sensationnels. Ce qui n'est pas très intéressant et encore moins digne d'un bon documentaire. Parfois on plonge dans l'émotionnel qui déborde sur le sujet digne des journaux ou des reportages People. En échange de cela aucune anecdote ni détail musical à se mettre sous la dent. C'est complètement frustrant. Frustrant c'est bien le mot car il y avait tant à apprendre et à traiter sur la vie de cette grande chanteuse. Ce que l'on voit devant ce documentaire, on le voit sur n'importe quel dictionnaire ou biographie. En plus on a droit à une psychologie de comptoir et des témoignages parfois assez bouleversant pour faire pleurer dans les chaumières. Le portait de la chanteuse reste tout de même respecté dans l'ensemble. Seulement le fait qu'il n'y a aucun point de vue dans l'écriture, l'image d'Amy Winehouse reste fade, limite une photo glacée d'un journal People. C'est finalement ce qu'il y a de plus triste. On en retient que ses paparazzis et ses scandales. 

Amy n'est donc qu'un concentré des images télévisuelles et d'archives peu intéressantes pour faire décoller le sujet. Il n'y a aucune recherche sur sa musique et ses inspirations. Ce qui finalement est la plus grosse arnaque de ce documentaire car on apprend rien et on a la désagréable impression de regarder un long reportage télé qui oublie avant tout qu'Amy Winehouse était une chanteuse et qu'elle était passionnée par la musique. Si cela se regarde sans déplaisir, c'est clairement dispensable. Fan d'Amy Winehouse passez votre chemin donc et attendez un biopic fictif par un cinéaste qui a du goût. Pour les plus curieux, je conseille de le voir quand il passera à la télévision car cela ne vaut pas le coup de l'acheter en Dvd et encore moins de le voir en salles.  

Note : 4 / 10

vendredi 10 juillet 2015

Love & Mercy : La véritable histoire de Brian Wilson et des Beach Boys



Réalisation : Bill Pohad
Scénario : Oren Moverman et Michael Alan Lerner
Durée : 2 h 
Interprétation : Paul Dano, John Cusack, Elisabeth Banks, Paul Giamatti...
Genre : Bad Vibrations

Synopsis

Derrière la mélodie joyeuse des Beach Boys, il y a Brian Wilson qu'une enfance tourmentée à rendu schizophrène. Le film raconte ses années dans le groupe, puis trente ans après, les années noire où il tombe amoureux et ressuscite. 

Parmi tous les biopics que l'on a droit depuis des années dans les salles sur les musiciens, un film sur Brian Wilson et les Beach Boys se faisait attendre. Le voici enfin, c'est globalement un bon film même s'il risque de décevoir ceux qui s'attendent à un scénario classique sur le groupe et rempli d'anecdotes croustillantes.

En effet l'approche est différente. Elle est bien plus psychologique qu'historique et documentaire sur la véritable histoire des Beach Boys. D'ailleurs on ne suit presque que deux périodes de la vie de Brian Wilson. La période où il est jeune dans les années soixante, interprété par Paul Dano, et celui des années quatre vingt dix, malade, manipulé et amoureux interprété par John Cusack. Toutes les deux parties sont juxtaposées l'une à l'autre de manière pas forcément liée ni cohérente mais qui laisse place à un non dit passionnant et qui change des films classiques. Les années soixante dix et quatre vingt sont toutes ignorées comme pas mal de points litigieux et pas du tout traitées. C'est donc au public de recoller les morceaux, constater les dégâts et analyser la psychologie du personnage dans sa jeunesse prolifique pendant deux heures de cinéma saisissantes. 

Si les parties des années soixante sont sublimes par ses reconstitutions, l'interprétation et le magnétisme de l'ensemble des scènes, celles des années quatre vingt dix sont en revanche un peu plus ternes. Cela même si la partition de John Cusack reste très convaincante. Paul Dano et John Cusack sont excellents, deux acteurs trop rares et bourrés de talent. Elisabeth Banks quant à elle est toujours trop banale à côté du reste du casting et Paul Giamatti en fait parfois un peu trop dans le rôle du psy cinglé. Même si la mise en scène ainsi que le scénario sont loin d'être mauvais, elle ne transpire pas le cinéma intense des parties où Paul Dano est présent. Sa psychologie, ses tourments et son jeune personnage torturé est excellemment mis en scène et en image. Avec la mise en scène et le jeu de Paul Dano on s'y croit vraiment, une immersion purement cinématographique. La mise en scène atteint des sommets de grâce dans la folie, entre les répétitions et les différentes phases de paranoïa de Brian Wilson. On apprécie tout le long une sublime photographie, une magnifique bande son additionnelle en plus bien entendu de la bande originale des Beach Boys. Le scénario est souvent précis, parfois rempli de finesse et d'ambiguïté psychologique pas si banal pour le cinéma que l'on voit d'habitude. Le film alterne entre le documentaire clinique et le trip onirique et hypnotique un peu comme le Saint Laurent de Bertrand Bonello de manière assez à l'aise. La composition touchante de John Cusack permet de rendre à l'écran tout le poids des années perdues et de maladie. Si cette partie est moins captivante, elle reste tout de même assez intéressante au niveau de sa véracité et son histoire peu commune.


Love and Mercy : La véritable histoire de Brian Wilson et des Beach Boys est un film à double tranchant. Si un côté l'est plus que l'autre cela n'empêche en rien de suivre un film riche et intéressant sur la vie et la psychologie torturée d'un des plus grands musiciens du vingtième siècle. Bill Pohad signe de beaux morceaux bravoures cinématographiques en tant que cinéaste dans un biopic où le non dit peut autant être intéressant que frustrant pour le public. Après rien nous empêche de lire l'autobiographie de Brian Wilson lui-même. Le film lui se démarque des films plus classiques et académiques et c'est déjà un gros atout. Indispensable à voir pour ceux qui sont passionnés de musique car la vie de Brian Wilson est très intéressante et loin d'être à l'image de la musique des Beach Boys. Je recommande fortement ce film que vous soyez amateur de cinéma et de musique.

Note : 7,5 / 10

jeudi 19 février 2015

Great Balls Of Fire !


Réalisation : Jim McBride
Scénario : Jack Baran et Jim McBride
Durée : 1 h 45
Interprétation : Dennis Quaid, Wimona Ryder, Alec Baldwin...
Genre : Endiablé

Synopsis

La vie sulfureuse du pianiste rockeur Jerry Lee Lewis. 

Voilà un film à l'image de son sujet principal : électrique. Great Balls Of Fire ne se détache pas vraiment des autres biopics par son histoire mais il vaut tout de même le coup d'œil par le ton parodique et celui plus dramatique tous deux parfaitement complémentaires l'un de l'autre et utilisés, dosés avec virtuosité. En prime le spectateur a deux acteurs exceptionnels qui sont là pour assurer le spectacle : Dennis Quaid est époustouflant face à une Wimona Ryder émouvante.

Sur un rythme à l'image de la musique de Jerry Lee Lewis, le film possède un scénario qui manque de manière générale de continuité émotionnelle et un peu d'originalité pour en faire un grand film. Cependant il faut avouer que c'est avec un certain plaisir que l'on suit son histoire notamment pour l'énergie qu'il dégage et ses différentes performances. Déjà la forme est très distrayante et c'est un bon point car ce n'est pas le cas de tous les films. Il y a du rythme, des dialogues vifs et efficaces rendant l'heure cinquante comme un bon moment de cinéma. Le cinéaste a trouvé le parfait équilibre entre la parodie musicale bien pop enlevée (du style Grease de Randal Kleiser) et le drame plus grave et émotionnel. Tout est maîtrisé d'une main de fer par une sobriété exemplaire ne laissant jamais place au too much ni au pathos. C'est un peu comme du Baz Lhurmann mais en réussit car l'ensemble est beaucoup plus sobre, moins exubérant et surtout pas niais. Sobre est la mise en scène, peut-être parfois un peu trop que ça en fait téléfilm mais cela ne dérange pas pour autant car tout reste cohérent.

Le scénario est fidèle à la vie de Jerry Lee Lewis. Il fait bien ressortir l'authenticité de sa carrière et vie personnelle ainsi que le ton dynamique du chanteur, son originalité et sa personnalité. Seulement là où le film gagne de sa force c'est surtout par la prestation hallucinante de Dennis Quaid dans la peau du rockeur. A l'image du film il en fait des tonnes mais ça fonctionne car il est d'une justesse imparable. Il est aussi insupportable que talentueux en gosse ayant des problèmes à régler avec soi même et attirant bien des polémiques. Il est attachant et détestable à souhait bien qu'intelligemment nuancé. Le scénario utilise souvent l'humour pour faire passer pas mal de ressorts dramatiques et sérieux et ça fonctionne très bien, à l'image du cabotinage d'un étonnant Alec Baldwin en chrétien moralisateur. Sur le côté émotionnel, Dennis Quaid assure bien entendu le tournant car je le rappelle il est le grand moteur de ce film mais il accompagné en face d'une toute jeune Wimona Ryder absolument parfaite et touchante en gamine amoureuse. Jamais en porte à faux, jamais dans le sur jeu elle apporte une surprenante touche de sensiblerie et avec son jeune âge de la noirceur, de la gravité dans ce film musical endiablé.

Cette touche est vraiment intéressante et donne un côté atypique au film réussit. Cette touche est illustrée avec un des meilleurs savoir faire du cinéma des années quatre vingt, c'est à dire sobre là aussi. Il faut avouer que la musique des années soixante est plus rétro et donne un cachet plus fort et moins ringard à la bande son des films des années quatre vingt. Contrairement au film Tina de Brian Gibson avec des morceaux composés particulièrement horribles dessus, la bande son ici est vraiment dans le style rock année soixante, composée uniquement de morceaux de Jerry Lee Lewis. C'est bien plus classe. La mise en scène et la photographie restent suffisamment dépouillés de fioritures et d'effets de style pour rendre un film toujours propre et bien tenu malgré. C'est si rare pour un film de cette décennie que ça mérite d'être souligné. Je recommande donc ce biopic qui ravira les fans de musique et de rock ou pas. Une réussite à redécouvrir. 


Note : 7, 5 / 10