samedi 22 août 2015

La Isla Minima



Réalisation : Alberto Rodriguez
Scénario : Rafael Cobos et Alberto Rodriguez
Durée : 1 h 40
Interprétation : Raul Arevalo, Javier Gutierrez, Salva Reina, Manolo Solo... 
Genre : Dans la brume franquiste

Synopsis

En 1980, dans l'Espagne après Franquiste, deux flics que tout oppose sont envoyer en Andalousie, dans une toute petite ville, résoudre le double meurtre de deux adolescentes. 

On connaît des bons polars mais très peu marquent pour leurs côtés novateurs dans le fond et la forme. Ce ne sera pas le cas de La Isla Minima pour ma part même si j'avoue avoir été fort séduit par bien des qualités que n'ont pas la majorité des polars contemporains. Je n'ai pas encore vu la série True Detective mais ce film à l'air assez parenté avec. La Isla Minima possède avant tout une superbe mise en scène et d'excellents acteurs et un bon scénario. 

On pense un peu à Memories of Murder de Bong Joon-Ho et Dans la Brume électrique de Bertrand Tavernier par la facilité du metteur en scène à créer l'ambiance poisseuse et ambiguë ainsi que la dimension particulièrement oppressante et sauvage par ses magnifiques plans de la nature. Seulement le scénario reste finalement dans le convenu, on reste sur une enquête plutôt classique même si elle est brillamment écrite et parfois passionnante par son contexte historique. Le script reste donc un peu trop superficiel sur la psychologie des personnages et les ficelles de l'intrigue. Ces dernières s'étirent un poil trop sur la fin et possèdent quelques clichés (la voyante et les flics véreux sont trop peu nuancés). Ces ficelles discrètes nous font deviner la résolution presque au deuxième tiers du film. Dommage, mais l'utilisation d'une très bonne musique et d'une photographie magistrale nous font passer quand même un bon moment de cinéma, comme on aimerait en voir bien plus souvent. 

Du montage aux poursuites, tout est à l'ancienne et c'est foutrement jouissif de nos jours d’apprécier celà. Très dépaysant ne voir un film sans effets spéciaux à tout va et des trames scénaristiques simples et bien léchées. Toute la fin du script est en format de sablier. Une fois l'enquête résolue tout se ferme puis se rouvre comme la cicatrice d'une plaie quand on se concentre à nouveau sur le non dit qui planait entre les personnages et leur passé depuis le début. Le léger doute sur une photo s'installe et ouvre une piste de manière un peu trop simple. Ce doute séduisant tout le long reste du coup un peu trop anecdotique à la fin. On clôt une enquête pour finalement ouvrir une morale, une dénonciation un peu trop facile à mon goût. Du moins je la trouve pas assez développée ni avant ni à la fin pour être intéressante. Elle n'est pas suffisamment pertinente pour en faire un grand film. Il manque peut-être plus de prise de risque au niveau de l'écriture, un peu comme à l'époque au final pour Dans ses Yeux de Juan José Campanella. 

La Isla Minima est un bon film avec avant tout beaucoup de forme et une grande maîtrise technique et scénaristique. Tout est très bien fait et proche de ce qui se fait de mieux dans le genre et le suspense. Seulement il manque la touche qui fait la différence et qui rend le film unique. Ce n'est pas donné à n'importe qui. Denis Villeneuve avec Prisoners avait le même souci pour ma part il y a deux ans. Tous les cinéastes ne sont pas comme David Fincher, Roman Polanski ou Bong Joon-Ho pour ne citer qu'eux mais Alberto Rodriguez signe cependant un bon polar très recommandable, surtout pour les fans du genre. 

Note : 7,5 / 10

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