lundi 8 décembre 2014

Mr Turner



Réalisation et scénario : Mike Leigh
Durée : 2 h 25
Interprétation : Timothy Spall, Paul Jesson, Dorothy Atkinson...
Genre : Lumineux

Synopsis :

La vie artistique et sentimentale du peintre anglais William Turner (1775 – 1851).


On avait quitté Mike Leigh il y a quatre (longues) années avec son chef d'oeuvre désenchanté Another Year, le revoilà avec un biopic sur une véritable institution de le peinture anglaise William Turner. Plus académique et sobre de son style habituel, la forme est d'une beauté absolue mais le cinéaste ne signe pas pour autant le grand chef-d'oeuvre espéré.

Même si c'est beau, on s'ennuie parfois car le film manque d'un peu de coupes au montage pour être plus tranchant. Ce qui n'empêche pas cependant au cinéaste par petites touches à dépeindre avec une certaine rigueur et cynisme un artiste visionnaire en recherche permanente de renouveau à travers l'animosité apparente de Turner. Les critiques de l'époque ne suit pas ses intentions artistiques sur la fin de sa carrière comme tous  les artistes trop visionnaires. Ce sera certainement avec ces derniers, ainsi que dans les discussions de tous ces académiciens dans la galerie d'art, que le style d'écriture si unique et que j'adore particulièrement du cinéaste sera le plus présent et donc la partie la plus jouissive de ce beau biopic. Un humour qui vacille toujours entre la justesse, l'émotion et la noirceur. Même si c'est bien moins cynique et beaucoup plus sobre que d'habitude, Mike Leigh se repose pour le première fois un peu trop sur sa mise en scène doté et c'est incontestable d'une sublime photographie proche de l'oeuvre de Turner.

La bande son est excellente et donne une tension tout le long du film. Son côté assez strident et redondant donne une étrangeté de plus à ce personnage ce qui fait de Mr Turner un biopic pas vraiment comme les autres. D'ailleurs sauf une petite scène spectaculaire (sur un mât de bateau en pleine tempête) le film ne l'est absolument pas. Le cinéaste montre que les grands hommes, les artistes ou les plus grand des génies peuvent-être repoussant, antipathique et même proche de l'animal mais avec une vraie beauté, une sensibilité et démarche intérieure exceptionnelle. Comme dans la plupart des biopic les personnages principaux brillent, Thimothy Spall ne déroge pas à la règle, il n'a pas volé son prix d'interprétation à Cannes. Il est parfait dans ce rôle pour le moins atypique à l'image du film.

Avec des émotions et une dramaturgie très éloignées des clichés et de la romance classique, ce film assez hermétique au final sera plus particulièrement réservé aux fans du cinéma particulier du cinéaste de Vera Drake, même si ces derniers risquent de trouver ça long et ennuyeux. De mon côté Mike Leigh me touche toujours et j'ai été encore emballé par son travail de cinéaste comme dans l'ensemble de ses films. Si je me suis un peu ennuyé sur la fin un peu longuette, c'est toujours en beauté et savourais également sans modération le talent de dialoguistes et de directeur d'acteur du cinéaste, toujours un des plus majestueux et savoureux dans le paysage cinématographique. Si Mr Turner est un biopic un peu trop gourmand dans ses longueurs et possède un fond plus sage et festivalier que d'habitude chez le cinéaste, la démarche est toujours aussi intelligente, subtile et sensible. Un Mike Leigh épuré mais suffisamment atypique et touchant pour y jeter un œil.


Note : 8 / 10

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