lundi 22 décembre 2014

Leviathan



Réalisation : Andrey Zviaguintsev
Scénario : Oleg Negin et Andrey Zviaguintsev
Durée : 2 h 20
Interprétation : Alexeï Serebriakov, Roman Madianov, Elena Lyadova...
Genre : Festivalier 

Synopsis :

Vadim Cheveliat, maire d'une petite ville en bord de Barents au Nord de la Russie, souhaite récupérer la maison et le garage de Kolia. Ce dernier ne compte pas se laisser faire car cela représente toute sa vie. Le Maire s'avère devenir violent, les ennuis commencent pour Kolia...

D'abord curieux pour le prix du scénario que le film a obtenu à Cannes, Leviathan s'avère être également dénonciateur de la Russie actuelle et la politique de Poutine. La démarche vaut donc le coup d'œil tout comme la noirceur en crescendo bien amenée par une mise en scène sublime. Mais c'est plutôt la mise en scène qui méritait d'être primé à la place du scénario car l'écriture manque de corps et de chair au squelette composé uniquement de clichés. Grâce à la technique et le savoir faire Russe une nouvelle fois brillant, le film fonctionne mais s'avère ne pas posséder un scénario à la hauteur.

Il faut d'abord une heure pour que l'intrigue démarre et constater l'intérêt du scénario à déclencher une descente aux enfers de la vie de Kolia. Les clichés, particulièrement en acier trempés, n'aident pas le film à faire décoller tout le lyrisme attendu et le style d'écriture manque de teneur, de liant entre les scènes et les genres ce qui rend le film plat. C'est bien dommage car le film ne prend que trop peu à la gorge, il ne diverti que la rétine de nos yeux. Par petites touches trop éparpillées la noirceur grimpe lentement mais qui aurait été plus efficace et pertinente pour un film d'une heure et demie. On reste bercé par les beaux paysages, la belle direction des acteurs, une bande son de Philip Glass inspirée et surtout un sens magistral de la mise en scène. Si seulement on avait des écoles de cinéma de ce calibre en France...

Le scénario n'est donc pas à la hauteur et ne fait que jeter un pavé dans la mare. Voilà un film tout à fait festivalier qui fonctionne pas si mal mais qui ravira surtout la presse et les Jurys. C'est réussi dans la volonté, même la forme mais la démarche et le traitement s'essouffle beaucoup trop vite et la mise en scène meuble tout. Cinématographiquement Leviathan est avant tout un film de mise en scène, le cinéaste s'inspire des contes du Pays, seulement pas grand chose ne se dégage niveau ton autre que cela. Comme si la grosse mise en scène technique étouffait, collait au sol toute l'âme du scénario et rendait les coutures apparentes. Essentiel à voir pour sa démarche politique, pessimiste et particulièrement noire ce film est tout comme le film A cappella de Lee Sujin sorti cette année également en Corée du Nord, dans la même veine. Seulement on a vu bien plus intéressant et plus palpitant niveau scénario que ce traitement scolaire, fade et trop classique pour être conquis. 

Leviathan manque d'un scénario à la hauteur de sa mise en scène qui belle et magistrale. Au final on savoure les personnages de ce film trop long étant donné qu'il n'a pas grand chose à raconter.


Note : 5 / 10

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