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lundi 26 octobre 2015

Seul sur Mars ( The Martians )



Réalisation : Ridley Scott
Scénario : Drew Goddard 
Tiré du roman homonyme d'Andy Weir
Durée : 2 h 20
Interprétation : Matt Damon, Jeff Daniels, Jessica Chastain, Michael Pena, Kate Mara, Sean Bean, Kristen Wiig ...
Genre : Trop sur terre

Synopsis

Lors d'une mission sur Mars, l'astronaute Mark Watney est laissé pour mort par ses coéquipier, une tempête les ayant obligés à décoller d'urgence. Mais Mark a survécu et il se retrouve seul sur une planète hostile et sans moyen de repartir. A 225 millions de kilomètres de lui, la NASA et des scientifiques s'activent sans relâche pour le sauver. 

Après deux films très (trop) sérieux et prétentieux et qui ont fait plus les effets de poudre aux yeux qu'autre chose que sont Gravity et Interstellar, c'est au tour de Ridley Scott de signer son film de science-fiction. Le réalisateur d'Alien est aussi spectaculaire que Cuaron et Nolan visuellement et heureusement pour nous beaucoup plus fun. Ce n'est pas très compliqué en même temps. Cependant il est dommage que le film ne se passe pas plus souvent sur Mars avec l'excellent Matt Damon. Effectivement plus de la moitié du film se passe à la NASA et désamorce l'humour et le sujet intéressant de ce qui aurait pu faire un bon film. 

J'avais peut-être un peu trop d'attentes mais le film m'a globalement déçu par sa fadeur. J'ai trouvé déjà qu'il était trop long pour ce qu'il avait à raconter. Du coup tout perdait crédibilité et suspense sur la fin. Beaucoup de scènes sont rallongées inutilement au point de rendre le tout ennuyeux même si c'est objectivement un divertissement bien filmé. Le scénario est vraiment mou dans son ensemble et trop niais pour me convaincre. Heureusement Ridley Scott possède deux forces indéniables : son sens de l'image toujours au top et un acteur comme Matt Damon (encore lui) qui donne du charme au film. 

Des superbes paysages et une histoire qui fait penser au film de Robert Zemeckis Seul au Monde sur la planète rouge, cela promettait du lourd. Seulement le scénario nous pompe plus le (seul) charme de 127 heures de Danny Boyle avec une intrigue de sauvetage plutôt longue et plate. Un peu comme si on mixait Mission to mars de Brian De Palma et Argo de Ben Affleck. Si c'est meilleur que le film de De Palma, on est bien loin d'Argo qui ménageait un suspense permanent et super efficace. Seul sur Mars se passe déjà beaucoup trop sur Terre et le cinéaste aurait pu faire le même film avec une demie heure en moins. Déjà la séquence sur Starman de David Bowie nous évite une demie heure supplémentaire. Peut-être qu'avant une autre sur Life on Mars en plus aurait rendu le film plus intense et plus fun à la fois ? On ne saura jamais. 

Le film est proprement réalisé et n'est pas jamais prétentieux, ce qui fait du bien. La 3D est permanente, souvent très belle et nous permet une immersion totale. L'ensemble est un divertissement honorable mais loin d'être un bon film à mon goût. On ne sent que trop rarement que c'est le réalisateur sobre, précis et inventif d'Alien derrière tout ça. Comme depuis un moment d'ailleurs car Prometheus souffre un peu du même problème. Toutes ces longueurs et cette écriture terriblement fade ( Goddard est le scénariste de Cloverfield et ça se ressent, il en s'est entre temps pas amélioré) m'a vraiment frustré. Tout est maladroit et à rallonge, avec des personnages à l'image des pistes développées : sans charismes, très niais et à limite du crétin. Sauf Mark Watney qui est heureusement pour nous assre proche d'un John McClane qui aime la verdure.

Seul sur Mars aurait pu être un équivalent de Seul au Monde dans l'espace avec un potentiel très spectaculaire. D'ailleurs la démarche à la fin du film est la même que le film de Zemeckis (mais en raté) en comparant la vie sauvage et la société avec le retour du héros dans la vie active. Seulement j'avais l'impression de suivre un survival et un film scientifique dans le monde des bisounours. Tout est fait pour plaire à tout le monde et le scénario est écrit pour les vieux. Il n'y a aucun enjeu, aucune confrontation, ni surprise, on sait juste dès le départ que Matt Damon va quitter Mars et en sortir indemne. Ce qui est dommage car je pense que tous les thèmes intéressants et forts sont complètement zappés au détriment de caresser dans le sens du poil le spectateur du début à la fin. On reste que trop peu près de Watney et on ne peut s'identifier à lui tout comme à l'environnement de la planète rouge. On suit plus pendant deux heurs un livre d'image gentiment illustré. Cependant ce n'est pas le pire film de Ridley Scott mais il ne sait toujours pas bien choisir ses scripts. Effectivement parfois des dialogues et des scènes sont d'une nullité affligeante. Heureusement le casting est impeccable pour faire passer la pillule, bien que comme chez Nolan il soit remplit de grandes pointures pour des rôles dérisoires. 

Seul sur Mars est un film divertissant avant tout plutôt décontracté dans l'ensemble mais long, maladroit et sans grandes saveurs. Il divertit gentiment autant qu'il frustre du grand film qu'il aurait pu être avec un scénario à la hauteur du réalisateur de Thelma et Louise. Il s'avère au final que Seul sur Mars est un voyage en pilotage automatique, sans adrénaline et encore moins de questions à se poser à l'horizon. Un film du dimanche à grand potentiel inexploité, plus frustrant que plaisant pour ma part. 


Note : 5 / 10



mardi 25 août 2015

Interstellar



Réalisation : Christopher Nolan
Scénario : Jonathan et Christopher Nolan
Durée : 2 h 50
Interprétation : Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Michael Caine, Jessica Chastain, Matt Damon, Casey Affleck, John Lithgow...
Genre : Mission to Mat(t)

Synopsis :

Un groupe d'explorateurs traverse une faille récemment découverte dans l'espace temps afin de repousser les limites humaines et part à la conquête des distances astronomiques dans un voyage interstellaire.

Contrairement à The Dark Knight Rises et Inception, j'ai attendu quelques mois après la sortie en salles d'Interstellar avant de le visionner, histoire que le tapage médiatique retombe complètement afin d'essayer de gagner en objectivité. Au résultat, je n'accroche toujours pas. Comme dans Inception il y a des choses à sauver dans l'idée principale, dans certains thèmes abordés et sa démarche cinématographique initiale, très rétro dans le genre. Seulement il y en a aussi beaucoup à jeter car elles sont souvent vides, barbantes, quand elles ne sont prétentieuses par moment et surtout, pour la première fois chez le cinéaste, horriblement niaises.

Dans la forme on retrouve peut-être ce que Nolan a fait de plus maîtrisé jusqu'à aujourd'hui. Tout du moins dans son style. C'est à dire un scénario magistralement bien construit, un découpage efficace et rythmé ainsi qu'une belle photographie qui mêle le non et le très spectaculaire avec brio. Ce sont les qualités d'écriture et de mise en scène propres au cinéaste qui font rendre cette odyssée distrayante à suivre malgré le vide qu'il nous raconte au final. Qui dit style Nolan dit comme bien entendu la musique d'Hans Zimmer toujours omniprésente pour faire passer l'intégralité des émotions au spectateur. Mais qui dit style Nolan dit aussi casting avec des acteurs prestigieux partout. McConaughey est heureusement là avec sont talent pour faire la grande majorité du boulot. Sans lui le film serait mauvais, à l'image de la fadasse Anne Hathaway qui ne s'en sort toujours pas. Jessica Chastain et Matt Damon sont les plus ravis de tous en étant simple second rôle malgré leur petite forme. Quant aux autres acteurs, ils n'ont pas grand chose à faire comme d'habitude à part meubler un rôle d'un personnage du rôle d'un pion assez morne, limite vide d’intérêt au vu de la longueur du film. 

Ensuite si on parle du contenu, je suis beaucoup plus réservé. J'ai trouvé la démarche bonne et intéressante de faire un film de science fiction, ou plutôt de science et de fiction, qui reprenait les codes du cinéma à l'ancienne. D'un autre j'ai trouvé le film racoleur et une nouvelle fois trop handicapé du style des frères Nolan. Tout comme dans Inception, le style du cinéma de Nolan est beaucoup trop froid, démonstratif, mathématique et surtout bien trop cartésien pour en faire un film dans la dimension cinématographique attendu et mérité. Surtout que la fin du film est censée faire rêver. Tout du moins être un peu plus féerique, comme un film à la Steven Spielberg, dont le film était justement destiné à l'origine. C'est raté car Nolan n'a absolument rien d'onirique dans son cinéma et il ne change pas du tout ici. Il peut utiliser les tonnes d'effets spéciaux qu'il veut, la plus belle des musiques d'Hans Zimmer ou des mouvements de caméras sublimes, rien y fait : Nolan a une recette limité parfaite pour le thriller mais pas pour le cinéma d'une autre envergure. Son style ne fait place uniquement qu'au spectaculaire et se repose sur sa structure scénaristique virtuose. Finalement on ne voit à la fin que la niaiserie d'un très mauvais film américain dont il est interdit de faire dans le soi disant chef d'oeuvre que le cinéaste prétend nous pondre depuis plus de deux heures. Pourtant rien est surprenant car tout se recoupe gentiment et on se dit malgré plein de trucs improbables qu'on est bien dans l'esprit cartésien du cinéaste, tout le puzzle est au complet.

Pour ce qui est du racolage, je m'explique. Je n'ai pas vu Contact de Robert Zemeckis, toujours avec McConaughey d'ailleurs, mais il est beaucoup comparé avec Interstellar. Moi j'ai trouvé que le film ne dégage rien d'autre qu'un produit fait et destiné pour plaire à un maximum de monde. C'est du commercial vide et avec un fond assez hypocrite sur l'espèce humaine. Un coup cette dernière est à sauver, un coup non elle ne le mérite pas car elle est lâche et menteuse puis finalement non car c'est son amour qui va sauver le monde. Cela même si je trouve par moment que le cinéaste y met de la sincérité dans ses idées, je trouve que rien est nuancé, ni développé et encore moins évolutif, à l'image de la psychologie de Murphy qui vraiment lamentable. En revanche le cinéaste n'est pas très honnête en ne glissant rien de vraiment moderne technologiquement à la NASA pour pas que son film prenne un coup de vieux avec le temps. Du coup on se retrouve dans un cheap assumé certes avec le côté apocalyptique mais que je trouve pas très cohérent, comme une station de la Nasa censée être introuvable ou comme le départ du personnage principal en mission dans l'espace du jour au lendemain sans ré entrainement. On retrouve dans le scénario de l'écologie, de la science, de la philosophie, de la spiritualité le tout parsemé d'un (soi disant) humour et une bonne couche d'émotion. Le film n'est pas mauvais dans sa forme mais il est creux et n'est pas bon dans son fond. Je le trouve assez ingrat car il va dans un peu toutes les directions pour toucher le maximum de monde pour n'approfondir rien du tout. Du coup Interstellar n'est qu'un blockbuster hollywoodien comme les autres avec plus d'intention de faire un chef d’œuvre du cinéma à la clé que les autres. Il se catégorise comme Inception comme un film du dimanche plus sensoriel que les autres il est vrai mais également bien plus prétentieux. Ce qui est tout de même bien triste vu l'idée et le potentiel de départ.

Le cinéaste cherche également à plaire les cinéphiles avec des clins d’œil à Solaris et 2001 l'odyssée de l'espace, dont le scénario est de manière globale une mauvaise copie de ces deux derniers films. On remarquera aussi techniquement un changement de format du cadre entre les scènes intérieures et extérieures. Un format cinémascope pour les scènes extérieures qui en mettent plein les yeux (et les oreilles) et en 16/9 pour l'intérieur qui est censé renforcer l'oppression. A la longue ça ne sert pas à grand chose pour la grammaire du film. Je trouve ça même anecdotique ou plutôt une superficialité en plus. Bien sûr il y a des incohérences comme dans tous les films de science fiction et surtout avec un scénario comme celui là, assez invraisemblable dès le départ si on entre pas dans le trip. En même temps mêler le jeu de la temporalité avec celui de la science fiction, c'est pas une partie loin d'être gagnée d'avance. D'ailleurs je ne suis pas scientifique, au contraire, et c'est peut-être pour ça que je n'aime pas ce cinéma mais je pense que ce ne sont presque que des bêtises qui nous sont racontées, comme dans la plupart des films du genre. Là ça prend vraiment la tête, surtout que Nolan tient à tout expliquer de manière bien sérieuse, c'est très lourd. Le pire étant la dernière partie qui pour ma part sonne complètement faux. Même si bien entendu elle est bien faite techniquement, je la trouve ratée quand McConaughey se retrouve dans l'espace temps et qu'il boucle la boucle comme chez tous les Nolan. Seulement le personnage principal en perd son cerveau dans ce passage quand il se met à pleurer et agir en panique à essayer de communiquer avec sa fille et lui même derrière la bibliothèque. Alors qu'il sait ce qu'il va se passer, qu'il a déjà vécu ça, il refait les mêmes codes qu'il a déjà fait alors avant qu'il ne comprenne que ce soit lui qu'il se soit tracé la route pour la survie de l'espèce. Je trouve que c'est une grosse erreur de scénario, une erreur de construction carrément loupée. Pour le reste c'est frustrant de repenser que sur presque trois heures le scénario ne raconte qu'une demie épopée spatiale et physique peu approfondie où tout se repose sur l'acteur principal.

Interstellar est plus distrayant mais plus niais qu'Inception qui est pour moi soporifique et frustrant. Les fans de Christopher Nolan seront ravis car il se renouvelle un peu avec la démarche initiale et se démarque des blockbusters contemporains dans le genre. Comme pour Cloud Atlas des Wachowski, que je n'ai pas aimé non plus au passage, le film a au moins ce mérite qu'on ne peut lui enlever d'être différent. Même si le style Nolan a marqué des blockbusters actuels, il ne renouvelle pas pour autant dans sa forme ici et c'est trop fortement présent pour un tel sujet. Tout le monde est content, les fans comme les détracteurs au final. Ou pas, comme moi qui au final n'apprécie que la moitié de son oeuvre. Quand on voit le succès du film ça fonctionne tout comme pour Inception, mais au final je trouve tout cela beaucoup trop surestimé. Je ne demande pas au cinéaste de refaire un produit semblable à 2001 L'odyssée de l'espacece serait bien trop abstrait pour le grand public. Surtout à l'encontre des grandes productions qui sortent de nos jours qui ne font pas réfléchir. Ce film est une nouvelle preuve du grand succès actuel de Christopher Nolan, il suffit de thèmes qui plaisent à tout le monde avec un bon savoir faire et un tapage médiatique énorme pour cartonner un maximum et lui crier au génie. Au final ce n'est pas plus honnête qu'un remake ou la suite d'un film qui a eu du succès il y a quelques années. Et puis ce n'est pas parce qu'une idée est bonne et que les effets spéciaux sont impressionnants que cela en fait un bon et un grand film. Encore moins un chef d'oeuvre. On peut reprocher la même chose à Nolan qu'à Alfred Hitchcock, mais Hitchcock lui adaptait son style au service du scénario. Nolan, c'est le contraire. Ici il a eu tendance en plus à être plus niais que d'habitude et c'est la goutte d'eau. Personnellement j'attendais plus qu'un film qui n'a la prétention de faire un grand chef d'oeuvre du cinéma avec un simple mixage de L’étoffe des Heros de Philip Kaufman et de Mission to Mars de Brian De Palma  

Le cinéma de Christopher Nolan transporte les foules uniquement par son style dans cette épopée spectaculaire. Nolan n'est pas complaisant dans sa démarche mais il y a une chose qu'il n'a jamais réussi à faire et je pense ne réussira toujours pas : faire rêver et laisser place à l'imaginaire à son public. Ce qui reste un comble tout de même pour du cinéma qui se veut aussi grand fort, beau et philosophique. Comme avec InceptionInterstellar avait beaucoup trop d'ambitions et d'essences dans ces idées et son concept à la base pour finalement n'être qu'un film frustrant car beaucoup trop marqué au fer du style Christopher Nolan. Cela pour le meilleur ou pour le pire, c'est à vous de voir si vous entrez dans son jeu ou pas.  

Note : 4 / 10


dimanche 25 janvier 2015

Top 5 des acteurs oubliés aux Oscars

Les Oscars récompensent bien sûr de manière plus ou moins justes les meilleurs films, réalisateurs, performances d'interprétations, la technique de l'année cinématographique qui vient de se dérouler, même si c'est avant tout celui qui fera la meilleure campagne marketing. Bien entendu on voit de tout et comme dans toutes les compétitions il y a des surprises, des polémiques, des déceptions. Cette année on voit bien la faille du système avec une énième nomination de Meryl Streep qui peut jouer dans n'importe quel navet et sera nominée. 

On peut trouver également des cinéastes qui n'ont pas eu de récompenses mais j'avoue que les acteurs tournent plus que ces derniers de manière générale et parfois ne sont pas récompensés pour leurs nombreuses performances. 

Voici donc le top 5 des acteurs qui mériteraient d'avoir une récompense un jour :





1 - Matt Damon



Voilà presque vingt ans que Matt Damon est bien présent dans le paysage cinématographique américain. Il joue dans beaucoup de films qui en plus sont souvent très bons. Malgré un jeu d'acteur de plus en plus surprenant et maîtrisé chez des cinéastes prestigieux, les récompenses ne suivent pas les différentes performances de cet acteur paradoxalement discret mais heureusement pour nous très souvent sur les écrans. Qu'il soit en imposteur nommé Mr Ripley, en cow boy moustachu chez les frères Coen, en agent Jason Bourne devenu culte, en ordure géniale dans Les Infiltrés ou souvent chez son ami le cinéaste Gus Van Sant il étonne, il brille en permanence. Personnellement je lui souhaite un "rôle à Oscars" pour qu'il l'emporte un jour, il le mérite amplement.






2 - Leonardo DiCaprio


Bien sûr que DiCaprio le mérite son Oscar malgré sa grande notoriété. Je l'ai aimé dans Gilbert Grape avant de le trouver plutôt banal durant pas mal d'années, avant qu'il ne croise la route de Steven Spielberg et bien entendu de Martin Scorsese. Dans Arrete moi si tu peux il excelle à l'image du film et si on l'oublie dans Gangs of New York tout comme sa collègue Cameron Diaz c'est la faute à une partition folle de Daniel Day Lewis en face qui balaye tout son entourage comme d'habitude. Ce sera ensuite dans Aviator qu'il prouve son talent puis par la suite Les infiltrés et Shutter Island le confirme comme un acteur incontournable de sa génération et du cinéma. C'est surtout sous la direction de Scorsese qu'il éclate et détient ses meilleurs rôles et performances. Il reste plus en verve chez Scott, Nolan ou Tarantino, car oui DiCaprio tourne peu mais plutôt dans des films avec des grands cinéaste et qui ont un certain cachet. Pourvu que ça dure.






3 - Joaquin Phoenix


C'est dans la peau de Johnny Cash que Joaquin Phoenix s'est fait connaître un peu plus aux yeux du grand public. Pourtant il brille dans Gladiator et reste un pilier du cinéma de James Gray. C'est un acteur exceptionnel. L'an dernier il porte intégralement la force du film de Spike Jonze Her après avoir démontré face au regretté Philip Seymour Hoffman dans The Master qu'il pouvait égaler le jeu et grimer également Daniel Day Lewis. Après un buzz comme quoi il arrêtait le cinéma pour faire de la musique, il est certainement l'acteur capable de tout jouer et de sauver un film. Un sacré acteur qui mérite une récompense aux oscars, et pas comme pour Al Pacino pour un film du dimanche, un vrai film. 




4 - Jake Gyllenhaal


Il joue depuis jeune et bien. Depuis Le secret de Brockeback Mountain d'Ang Lee où il fait jeu égal avec Heath Ledger, il est nominé pour le second rôle alors qu'il est aussi important que son collègue. Il faut avouer que Jake Gyllenhaal est un acteur plutôt injustement relayé en seconde zone, au même titre que Matt Damon. Seulement il joue dans de bons films et tel un caméléon perfectionniste il joue à merveille des rôles riches et forts chez de grands cinéastes. L'an dernier dans Night Call il explose ouvertement dans un rôle surprenant et complet à l'image du film. Depuis même Zodiac il confirme qu'il est un acteur d'une trempe exceptionnelle qui vaut d'être récompensé. 





5 - Christian Bale

Dommage que Christopher Nolan ne lui a pas offert plus que de supers gadgets dans sa trilogie et du coup il parait un peu plat. Dommage car cet acteur et c'est bien connu est d'une prestance incroyable. Ou qu'il passe il marque par sa force d'interprétation. Dans American Psycho ou The Machinist il délivre des performances mémorables. Perfectionniste total, Bale est un acteur de la même sphère que Daniel Day Lewis ou même Joaquin Phoenix. Un immense acteur qui aura certainement un oscar de premier rôle un jour, car celui de second rôle pour Fighter ne suffit pas à côté de son talent. 

Je pense aussi à Edward Norton, Michael Shannon, Ralph Fiennes, Robert Downey Jr, Alan Rickman, John Malkovitch et bien d'autres que j'oublie et dont je ne pense pas. 

jeudi 26 juin 2014

Zero Theorem



Réalisation : Terry Gilliam
Scénario : Pat Rushin.
Durée : 1 h 40
Interprétation : Christoph Waltz, Mélanie Thierry, David Thewlis...
Genre : Laisse aller... c'est Christoph Waltz.

Synopsis :

Londres dans un avenir proche, les avancées technologiques ont placés le monde sous la surveillance d'une autorité invisible et toute puissante : Management. Qohen Leth, un génie de l'informatique, vit en reclus et attend un appel téléphonique qui lui apportera les réponses à toutes les questions qu'il se pose. Management le fait travailler sur un projet secret « le thèorème zéro » qui vise à décrypter le but de l'Existence ou son absence de finalité. La solitude de Qohen est interrompue par les visites émissaires de Management : Bob, son fils prodigue et surtout Bainsley, une femme mystérieuse. La force des sentiments, de l'amour et du désir viennent donc apporter une certaine réponse au sens de la vie à Qohen.

Depuis L'armée des douze singes on a perdu Terry Gilliam. Ce Zero Théorem le confirme en prouvant une nouvelle fois que le cinéaste n'a plus grand chose dans sa besace hormis faire un recyclage de son propre cinéma et de ses propres thèmes de manière insipide hélas déjà vu et même avouons le carrément has been.

Terry Gilliam plaît ou déplaît par son étrangeté, ses nombreuses références émaillés dans sa philosophie sur « Le sens de la vie » et son humour déjanté collé à la noirceur. Ici il y a toute la marque de fabrique du cinéaste allant jusqu'à l'auto caricature dans cette sorte de Brazil réactualisé en huis clos cheap et surtout en toc. Le scénario reprend le monde Orwellien, les thèmes Kafkaïens ainsi que la volonté d'incorporer la fantaisie, la noirceur, le romantisme et l'onirisme de Brazil. Seulement le personnage principal est plombé par une mélancolie et un psychisme massif qui ne fonctionne pas. Le scénario est trop brouillon dans ses différentes intentions. Ces dernières sont faussement farfelues et ne mènent à pas grand chose hormis nous dire une nouvelle fois le mal que peut faire la technologie. Le script meuble en permanence par des séquences décousues de ses différents thèmes tous dissociés les uns des autres et platement traités avec peu d'ambiguïtés, d'intelligences et hélas sans vraiment de moments de grâce.

Zero théorem est même étonnamment niais pour du Terry Gilliam. Très lisse, avec une musique particulièrement mauvaise, des effets spéciaux qui piquent les yeux assez souvent, Christoph Waltz galère pour donner un semblant d'épaisseur à son personnage. Le problème vient également de l'impression général que le cinéaste se repose uniquement sur l'acteur révélé par Tarantino tant tout est vraiment aseptisé autour de lui. Si on appréciera Tilda Swinton et Matt Damon dans des caméos courts et savoureux, Mélanie Thierry livre une prestation plutôt convaincante. Un peu comme le film, le jeu de l'actrice française sonne juste quand ce n'est pas dramatique. Cette partie dramatique est un véritable désastre tout comme les différentes scènes de fantasme sur cette île édulcorée : particulièrement indigeste.

Si bien évidemment Zero Théorem souffre de la comparaison avec Brazil (en même temps il l'a bien cherché) c'est tout de même de la manière la plus objective possible un film qui souffre du déjà vu et surtout du fait qu'il a déjà vieilli de pas mal d'années le jour même de sa sortie en salles. Si Terry Gilliam signe un film qui ne ressemble pas à un nanar contrairement à que présageait la bande annonce, il est tout de même bien frustrant que son recyclage insipide prenne le dessus sur son savoir faire. On ne parle plus de talent depuis plus de quinze ans chez le cinéaste, l'impression qu'il n'a plus rien à raconter, et encore moins innover, se ressent encore très fortement ici. Terry Gilliam fait partie de ces grands cinéastes comme De Palma ou Carpenter dont on attend un nouveau regain de créativité qu'un nouveau recyclage au goût prononcé de complaisance et de satisfaction personnelle. Décevant donc.


Note : 3,5 / 20