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jeudi 5 janvier 2017

Alliés ( Allied )




Même quand c'est un film conceptuel ou mineur de Robert Zemeckis, il y a toujours un gage de qualité. Alliés fait partie de la seconde catégorie, un genre de remake dispensable du grand classique Casablanca de Michael Curtiz. 

Sans le très bon savoir faire du metteur en scène, Alliés ne serait pas intéressant, ni distrayant d'ailleurs. Le scénario est beaucoup trop classique, peine à décoller et gagne en intérêt seulement au bout d'une heure après l'arrivée de l'enfant. Le double jeu de Brad Pitt devient alors plus saisissant. Au final tout restera assez sous écrit, ce qui est étonnant pour un scénariste qui a écrit Les promesses de l'ombre de David Cronenberg. Le film atteint ses limites rapidement car tout reste convenu et déjà vu, malgré de très bonnes scènes d'actions et d'intensités sur le territoire français. 

Les acteurs font le boulot, le plus savoureux restera d'entendre Brad Pitt parler français, et dire même "papier cul", avec un accent à couper au couteau. On est loin d'un film d'interprétation mais les deux acteurs rendent tout de même vivant des personnages classiques avec une sobriété bienvenue. Le cinéaste en plus de son savoir faire toujours millimétré, s’intéresse suffisamment à l'histoire d'amour entre les deux personnages principaux pour faire vivre un script qui manque de passion et d'ampleur. 

Le réalisateur de Seul au monde a le bon goût de rester sobre et de ne pas en faire trop afin de rendre crédible une histoire qui s'oublie facilement. Le scénario manque d'ambition, le cinéaste l'a bien compris et fait le minimum pour rendre une copie propre. Une scène d'amour dans une voiture en pleine tempête de sable et le final, toujours dans une voiture, resteront peut-être ce qu'il y a de plus marquant dans ce film. Avec le recul je reste songeur si un certain David Fincher se serait penché dessus avec un scénariste plus ambitieux. 

Réalisation : Robert Zemeckis
Scénario : Steven Knight
Durée : 1 h 55
Interprétation : Brad Pitt, Marion Cotillard, Jared Harris, Lizzy Caplan...




mardi 3 janvier 2017

Assassin's Creed



Après une adaptation de Macbeth aussi furieuse que tronquée, Justin Kurzel s'occupe cette fois du célébrissime jeu vidéo. Si la fureur et la violence collent parfaitement à l'essence du jeu et aux scènes d'actions, le scénario est digne d'une pauvre cinématique qui ne mise que sur l'immersion.

L'esthétique est peut-être ce qu'il y a de plus réussi avec la musique mais l'association des deux nous offre un spectacle qui tourne vite à vide. Une nouvelle fois à la fin du film je me suis dit "Tout ça pour ça". Pas de personnalité, ni d'originalité, ni de compassion auprès du personnage principal car on est au niveau du néant en terme d’écriture. On dirait un mauvais film de super héros qui vire en publicité pour adolescent fan du jeu vidéo. Si Kurzel captive par intermittence, c'est uniquement visuel. Pour le reste pas grand monde n'y croit.

Le grand casting, composé d'acteurs qui font gentiment le boulot, permet de rendre lisible un scénario et une mise en scène qui ne le sont pas toujours. Je regrette juste que ce ne soit pas Quentin Tarantino qui se soit penché sur cette commande car je pense que le support original est en or pour lui. Assassin's creed se résume est une accumulation de scènes d'actions répétitives avec une musique vite assourdissante. Le résultat est plus abrutissant que divertissant. 

Réalisation : Justin Kurzel
Scénario : Bill Collage, Adam Cooper et Michael Lesslie
Durée : 1 h 55
Interprétation : Michael Fassbender, Marion Cotillard, Jeremy Irons, Brendan Gleeson, Charlotte Rampling...

dimanche 16 octobre 2016

Juste la fin du monde



Réalisation et scénario : Xavier Dolan
Tiré de la pièce de théatre de Jean-Luc Lagarce
Durée : 1 h 35
Interprétation : Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Vincent Cassel, Léa Seydoux, Marion Cotillard...
Genre : Hysteria 

Louis, un écrivain célèbre, revient après douze ans d'absence dans sa famille pour annoncer sa mort prochaine. 

Réalisé dans l'attente de son premier film américain, le jeune cinéaste Xavier Dolan s'attaque (ou se précipite) dans une adaptation de pièce de théâtre avec un casting francophone qui laisse pantois. 

Juste la fin du monde a la mérite de diviser le public et de suivre un procédé de mise en scène du début à la fin. L'ensemble est un insupportable concentré des Amours Imaginaires et des points négatifs de Tom à la ferme. Le montage et le concept de filmer en gros plans les personnages sous toutes les coutures de manière rythmée (et par moment clippée bien entendu) donnent une forme reluisante à un scénario creux et des dialogues miteux. L'ensemble est fumeux. 

Le sujet de base est interessant mais absolument aucun thème n'est abordé ni décemment développé. Le film repose uniquement sur des performances d'acteurs car l'écriture, le style, les quelques messages sont dans un style pompier et hystérique qui m'a souvent donné envie de quitter la salle. Les personnages sont enfermés dans leurs clichés et leur superficialité pour notre plus grand malheur. Les acteurs sont là pour le meilleur et le pire à la fois. Si Marion Cotillard s'en sort le mieux, c'est aussi parce que son personnage est vraiment sous exploité. Gaspard Ulliel est bien car il reste sobre, sa voix comme dans Saint Laurent temporise l'ensemble de l’hystérie générale. Forcément, un peu de calme c'est agréable. 

Vincent Cassel n'a plus besoin de prouver qu'il est un grand acteur mais il s'efforce une nouvelle fois d'en faire des tonnes pour le prouver mais aussi meubler le vide de son rôle. Un peu comme le film lui même d'ailleurs, tout est une coquille vide bien emballée. Une nouvelle fois l'acteur de Mesrine fait un show à la limite du ridicule mais parfois réussit à rendre crédible un personnage très mal écrit lui aussi. Quant à Nathalie Baye et Léa Seydoux, c'est tout simplement la définition de la catastrophe. Quand elles apparaissent, c'est tout simplement une bande démo d'actrice jouant des clichés qui se déroule devant nos yeux. Tout cela fait peine à voir. Déjà je trouve que ce sont des actrices que je trouve au au talent limité. Chez Dolan c'est simplement indigeste. 

Indigeste, c'est bien ce qui résume mon impression générale de la projection de Juste la fin du monde. Alors oui je comprends qu'on puisse aimer, je reconnais la qualité de mise en image assez inédite. C'est juste que moi je n'aime pas, je n'ai trouvé aucune subtilité ni finesse dans quoique ce soit. Xavier Dolan y met du cœur et son cinéma est sincère. Seulement c'est vain et très mal écrit. Son style m'insupporte. Le concept trouve rapidement ses limites ne pense rapidement qu'à meubler la non écriture de son film. Rien est réadapté de la pièce sauf la façon de filmer, un exercice de style peu réfléchi en quelque sorte. Pour cela mettre des tubes de musiques qui ne collent pas avec le sens du film sont une nouvelle fois une tare qui tâche dans son cinéma. Le pire revient à la musique de fin qui fout en l'air  et ridiculise sa seule mini tentative de faire quelque chose. 

Mommy ou Lawrence Anyways (aussi longs et pompeux par moment soient ils) possèdent des sujets bien mieux exploités qu'ici. Tom à la Ferme est une autre adaptation d'une pièce de théâtre pas assez aboutie mais où le cinéaste tentait au moins des choses. Ici tout repose sur un concept limité, des acteurs en roues libres et des clips musicaux qui dénotent. Bref il y a tout ce que je n'aime pas chez Dolan dans ces précédents films, et surtout comme Les amours imaginaires. Je n'espère plus rien de ce cinéaste, c'est son style que je n'aime pas. Je laisse désormais aux tout cela aux fans dont je ne fais définitivement pas parti.

Note : 2 / 10

samedi 28 novembre 2015

Macbeth




Réalisation : Justin Kurzel
Scénario : Todd Louiso, Jacob Koskoff et Michael Lesslie
Tiré de l'oeuvre de William Shakespeare
Durée : 1 h 55
Interprétation : Michael Fassbender, Marion Cotillard, David Thewlis, Paddy Considine, Jack Reynor, Sean Harris...
Genre : Massacre ennuyant


Synopsis : 


Macbeth, chef des armées en Ecosse au 11 ième siècle, sort victorieux de la Guerre qui fait rare dans tout le pays. Sur son chemin, trois sorcières lui prédisent qu'il deviendra Roi. Comme envoûté par la prophétie, Macbeth et son épouse montent un plan machiavélique pour régner sur le trône, au point d'en perdre la raison. 

Il est très dur de se frotter à Shakespeare pour n'importe quel cinéaste, surtout quand on réalise un si mauvais film que Les Crimes de Snowtown. Heureusement cette version de Macbeth possède bien plus de qualités que le précèdent film du cinéaste, même si ce n'est pas une réussite non plus. Du rouge et de la fureur, oui il y en a, mais c'est tout hélas. 

Il y a d'abord une superbe photographie, des tentatives visuelles et une démarche qui font plaisir à voir. Si le film est très attractif et tient la route c'est surtout car il a un des meilleurs acteurs du monde dans le rôle titre. Fassbender est un de ces grands acteurs qui ont de la présence à l'écran, sur la scène, même quand ils ne jouent pas. Heureusement car le gros problème de ce film est justement dans la non direction d'acteur du début à la fin. Ils récitent tour à tour leurs répliques sans s'interrompre, se regardant limite dans le blanc des yeux, comme un vieux et sale cliché du film d'auteur. Le résultat  alterne donc les scènes d'actions et de violences chorégraphiées avec du très mauvais théâtre filmé. Les dialogues ne sont pas réactualisés, brouillons et manquent de puissance. 

Du coup ça sonne faux et le spectacle visuel devient rapidement ennuyeux. Tous les enjeux du scénario sont pauvres et reposent uniquement sur le pauvre Fassbender. Le scénario est une version appauvrie et plus violente de l'oeuvre de Shakespeare. Sur les filmographies du réalisateur et des scénaristes je vois qu'ils préparent tous l'adaptation au cinéma du jeu Assassin's Creed. Je trouve ça bien plus cohérent et logique que de massacrer la pièce de Shakespeare qui n'a rien demandée. Cette version de Macbeth est une curiosité éprouvante à la belle photo mais sans aucune direction et un scénario trop pauvre pour convaincre. Tout le casting et la technique sont au top et au service d'un réalisateur et de scénaristes qui n'ont pas vraiment de talent. On saluera plus l'ambition que la réussite. 

dimanche 8 novembre 2015

Avril et le Monde Truqué




Réalisation : Franck Ekinci et Christian Desmares
Scénario : Franck Ekinci et Benjamin Legrand
Dessins de Jacques Tardi
Durée : 1 h 40
Avec les voix de : Marion Cotillard, Philippe Katerine, Jean Rochefort, Olivier Gourmet, Marc André Grondin, Bouli Lanners... 
Genre : Fantastiques aventures

Synopsis :

En 1941, depuis 70 ans les savants disparaissent mystérieusement, y compris les parents d'Avril. Avril a grandi dans ce monde bloqué dans la technologie du 18 ième siècle. Avec son chat parlant, elle recherche le sérum victime de la disparition de ses parents. Elle va devoir affronter tous les dangers et résoudre tous les mystères par la même occasion.

Je n'ai jamais lu du Jacques Tardi, étant donné que je ne suis pas vraiment bande dessinée. Ce que je peux dire, c'est que j'ai simplement adoré son univers. C'est à la fois drôle, sombre, intelligent et avec des petites touches de naïveté par moment bienvenues. Un parfait équilibre que le scénario réussit à tenir également du début à la fin. Un film à ne pas rater.

L'idée et l'univers sont palpitants et le traitement l'est presque autant dans son ensemble. On aimerait voir un épisode de Tintin sur grand écran avec autant de réussite. Les graphismes, les dialogues, les personnages sont excellents, tous sont portés par une mise en scène tout ce qui a de plus brillante. Avec de l'idée, de l'humour et de l'action, elle est  à l'image de la musique, pleine d'énergie, généreuse et d'une grande élégance dans son genre. Le scénario est excellent, même si son final est un peu plus mathématique et moins énigmatique que le reste, il est saisissant et ne manque pas d'inventivité. 

Au niveau des voix, c'est un sans faute. Hormis techniquement la prise de son de Jean Rochefort, pas très bonne. Tous les personnages ont une voix impeccable, surtout le choix de Philippe Katerine en chat qui est franchement géniale. Je ne peux et veux pas en dire plus sur le film car il faut le voir. Je souligne aussi la grande qualité de la bande originale que j'ai adoré. D'ailleurs je ne trouve pas beaucoup de défauts à ce film sauf qu'il soit si peu distribué. Le film surfe un peu dans la même vague qu' A la poursuite de Demain de Brad Bird en bien plus réussi sur le script. Deux films sortis cette années que l'ont doit voir selon mon humble mon avis. 

Un peu comme Ernest et Celestine, on ne peut que saluer la réussite totale de cette animation française. On ne peut remercier et saluer le travail qu'en allant le voir en salles. Des bons films de ce genre ne méritent pas une promotion si faible. Encouragez le en vous précipitant dans les salles tant qu'il passe car tout simplement c'est un des meilleurs films de l'année. 



Note : 9,5 / 10

dimanche 12 juillet 2015

Les Minions



Réalisation : Pierre Coffin et Kyle Balda
Scénario : Brian Lynch
Durée : 1 h 25
Avec les voix de : Guillaume Canet, Marion Cotillard, Gad Elmaleh... 
Genre : Happy Together 

Synopsis : 

Depuis la nuit des temps, les Minions cherchent à servir le plus méchant des méchants. Mais ce n'est pas simple. Il faut trouver du courage et aimer l'aventure pour essayer de le trouver et de le conquérir. 

Véritable événement depuis quelques temps Les Minions débarquent dans un Spin Off uniquement consacré à eux dans les salles obscures cet été. Ces petites « bêbêtes » jaunes directement inspirés des Lapins Crétins du film d'animation Moi Moche et Méchant sont prêt à cartonner bien plus que les deux films dont ils sont tirés. Il faut avouer que c'est une aubaine commerciale à ne pas rater que ce soit pour les réalisateurs et producteurs, mais aussi le public. 

Si le film ne brille pas par son scénario, l'esprit de la firme originale avec les méchants en Guest star reste heureusement bien conservé. On se retrouve dans les années soixante pour notre plus grand plaisir bercé par une bande originale du tonnerre et des minions toujours très drôles pour un bon divertissement. Après une introduction excellente, le scénario s'essouffle contrairement au rythme hyperactif qu'il entreprend jusqu'à la fin. Tout va très vite et les surprises et les gags ne sont pas tous bien affûtés pour tous fonctionner. On se retrouve devant un délire drôle mais avec pas mal de déjà vu qui fonce droit au but. Au risque d'en laisser certain de marbre par toute cette excentricité, les séquences s'enchaînent à toute vitesse. Parfois elles sont terminées sans qu'on est prit le temps de les savourer. Le scénariste est celui du Spin Off de Shrek avec Le Chat Potté qui souffrait du même soucis. Si c'est sans grande surprise, le film possède quand même quelques beaux morceaux de bravoures et surtout de très bonnes références pour cinéphiles, mélomanes et n'oublie surtout pas les enfants au passage. Des poursuites sur des musiques bien rock de l'époque en Angleterre, difficile de ne pas être touché. Tout comme avec le salon des méchants  qui est peut-être l'idée la plus simple et la plus réussie du film avec l'introduction. La bande originale est permanente pour nous ravir et doit faire la moitié du budget du film. On entend les Rolling Stones, les Beatles, les Who, les Kinks ou encore les Turtles ensemble dans un même film, et ça n'a pas de prix pour nous. Rien que pour cela c'est jouissif comme le langage des minions. 


Cette invasion de Minions est un divertissement sympathique, avec de la bonne musique et une 3D pour une fois qui vaut le coup. Si c'est loin d'atteindre l'originalité et la souplesse d'écriture des deux opus de Moi, Moche et Méchant, on sort de la salle non frustré et distrait. C'est bien l'essentiel. On en demandait pas plus ni moins, même si on pouvait attendre un Spin Off plus maîtrisé et surprenant comme Les Pingouins de Madagascar. Néanmoins cela reste un divertissement sympathique pour petits et grands, et c'est ce que l'on cherchait en entrant dans la salle. Du moins moi.   

Note : 6 / 10