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jeudi 2 avril 2015

Shaun le mouton




Réalisation et scénario : Max Burton et Richard Starzak
Durée : 1 h 20
Interprétation : Justin Fletcher, John B Sparkes, Omid Djalili...
Genre : Aardman pur laine

Synopsis : 

Une bêtise de Shaun entraîne accidentellement le fermier jusqu'à la Grande Ville devenant sur le coup amnésique. Shaun avec l'aide de Bitzer et du reste du troupeau vont essayer de le chercher dans ce monde inconnu et dangereux. 

Comme d'habitude les studios Aardman nous régalent par leur inventivité virtuose et leur bonne humeur communicative destinés pour petits et grands. Cette adaptation de la série du petit mouton Shaun est fidèle à la recette délicieuse des studios. C'est drôle, émouvant, mignon et truffé de clins d’œil... tout est savoureux une nouvelle fois dans cet opus qui a la particularité de ne pas avoir de dialogues. 

Les deux cinéastes signent un excellent divertissement avec ce nouveau bijou dérivé et produit par les créateurs de Wallace et Gromit. Cette fois c'est le petit mouton de Rasé de près qui a droit à son film. Les amis des animaux, de l'humour anglais ainsi que de la comédie d'aventures vont se régaler. Tout est une nouvelle fois bien écrit, bien pensé avec un magistral sens du rythme et des gags. C'est de l'humour universel jamais être vulgaire et encore moins cliché. Tous les ingrédients des précédents films de Chicken Run aux Pirates bons à rien mauvais en tout sont de nouveaux réunis pour notre plus grand plaisir. Les recettes utilisées ne sont jamais redondantes, ni lourdes encore moins épuisées, elles restent délicieuses et rafraîchissantes. 

Si vous aimez les précédents films des studios Aardman ne ratez donc pas cette nouvelle pépite qui plaira à tous le monde. Foncez dans les salles de cinéma et savourez de ce grand moment de cinéma ! Si Shaun le mouton n'est pas le meilleur, il est tout aussi aussi bon que Wallace et Gromit : Le mystère du Lapin Garou et Chicken Run, les plus réussis. Il ne faut pas le rater car ce n'est pas tous les jours que l'on peut voir ce genre de réussite dans les salles. Comme toujours au générique de fin (excellent lui aussi) on en sort comblé et les larmes aux yeux du spectacle qu'il vient de se dérouler devant nos yeux. Un très grand film d'animation incontournable et so british. 

Note : 9,5 / 10

La dévédéthèque parfaite : 

Chicken Run de Peter Lord et Nick Park, Wallace et Gromit Le mystère du Lapin Garou de Nick Park et Steve Box et Les pirates bons à rien mauvais en tout de Peter Lord. 

Les courts-métrages de Wallace et Gromit Une grande excursion, Rasé de près, Un mauvais pantalon et Un sacré Pétrin sont également à posséder. 

mardi 10 février 2015

Top 5 courts-métrages



Le court métrage est l'équivalent de la nouvelle en littérature, il possède une écriture concise, efficace et doit (souvent) posséder une chute. C'est essentiel pour ne pas dire indispensable de faire des courts-métrages et de les diffuser pour devenir un cinéaste. C'est même l'unique CV pour les futurs grands de demain. Seulement le court métrage n'est jamais diffusé ou vu ailleurs que dans quelques festivals. Aussitôt vu aussitôt oublié et jeté après un an de vie festivalière. C'est triste et assez déshonorant pour le travail et les efforts qui ont été fait dessus. Heureusement que La Jetée à Clermont-Ferrand les conserve. Les grands cinéastes ont des courts-métrages de fin d'études dont leur notoriété nous les font redécouvrir par la suite, sinon ils restent rangés dans une case à vie, leur tombeau en quelque sorte. Sauf le festival de Clermont Ferrand et une petite sélection (pour les mieux produits) pour les Césars et Oscars c'est aujourd'hui du gaspillage total et tombent tous dans l'oubli de faire un court métrage.

Pourtant Youtube au début était l'occasion de faire parler de soi, de découvrir des « trucs » bien comme on dirait. Maintenant c'est la poubelle du Net bien qu'elle est sponsorisée par la pub. La solution n'est même pas faire un unique festival et même si c'est tout à l'honneur de la ville auvergnate. Non la solution est de mettre un court métrage comme le fait Pixar avant chacun longs métrages. Ce serait pour moi l'idéal à la place de la pub. Pourtant avec le fric que coûte une place de cinéma, de plus en plus automatisé par ailleurs, il n'y a pas tant besoin de pub que ça. Ce serait l'occasion de découvrir et faire découvrir des œuvres. Sans parler d'en mettre des longs, mais dans un format de 5 à 10 minutes ça peut-être sympathique comme par exemple La Révolution des Crabes. 




On retrouve donc vraiment de tout dans les courts-métrages, du bon et du moins bon comme au cinéma. Parce que c'est exactement comme au cinéma, on retrouve des idées, du style et des petits chefs d'œuvres et des daubes interstellaires. Les meilleurs nanars aussi et les abysses du cinéma d'auteur français. C'est même souvent avec moins de fioritures comme ça se doit viser à l'essentiel et plutôt frustrant, ou jouissif. Avec la mode de la série actuelle, on retrouve même ce format court métrage. Black Miror par exemple est pour ma part un ensemble de courts-métrages comme l'est le très bon triptyque sur Tokyo de Gondry, Carax et Joon-Ho. Souvent les courts métrages récompensés méritent leurs récompenses contrairement aux films.

Mes goûts sont plus penchés vers l'humour car je trouve que c'est le format court est idéal. Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures dit-on, et c'est vrai aussi pour pas mal de films. C'est bien entendu mon avis personnel et mon goût, mais comme dirait Nick Park la comédie est un domaine aussi indispensable que sérieux.



Restons avec Nick Park, véritable génie du genre et d'une inventivité cinématographique formidable. Les Wallace et Gromit sont des bijoux du film d'animation. Encore plus jouissifs que les Pixar car la technique exige un travail encore plus soigné et minutieux. De La Grande Excursion à Un sacré pétrin les clins d’œil, l'humour anglais pour petits et grands, ainsi qu'une véritable institution se déroule devant nos yeux. Wallace et Gromit j'adore et je suis pas objectif du coup car comme pour Chaplin je décèle de l'invention indémodable à chaque plan. Tout est y est traité de manière universelle et intemporelle. Je conseille tout de Nick Park bien sûr les longs métrages. Dans Un mauvais pantalon un pingouin un peu louche devient locataire chez Wallace et Gromit. C'est jubilatoire et devenu culte non pas par hasard.




Restons en terre anglaise, les anglophones seront ravis car le prochain est signé par le génial Mike Leigh, interprété par l'excellent Jim Broadbent. Réalisé pour la télévision, A sense of History est un faux documentaire un peu comme C'est arrivé près de chez vous où un noble anglais nous raconte comment sa famille a été décimée. Grinçant, bourré d'humour noir et comme toujours chez le cinéaste, subtil et intelligent. Les bilingues vont se régaler.




Avant de passer du côté français, je passe rapidement par les américains avec un court métrage que j'adore également. Mixez Fight Club de Fincher, Le couperet de Costa Gavras et Funny Games d'Haneke et obtenez un shaker savoureux de vingt minutes nommé K–7. Réalisé par Christopher Léone, ce court métrage virtuose est tout ce qui a de plus jouissif, intelligent et plus que jamais d'actualité. Le point de vue abordé est fort, l'humour également. Pas de sous titres hélas, les bilingues sont des veinards.



Passons maintenant vers un court métrage francophone mais ni Belge, ni Quebecois mais Suisse. Tous à table de la cinéaste Ursula Meier. Sur une simple réunion de famille et avec une simple blague le scénario part dans une grande étude des repas de familles, des liens qui les unissent tous le tout avec un humour tantôt drôle par son réalisme tantôt par les silences gênés auquel tous le monde ne peut-être que touchés. Bien écrit, bien joué et bien réalisé, petit court métrage pour un grand moment de comédie qui prend même le malin plaisir de jouer avec les nerfs du spectateur. Une grande réussite.



Il y en a certainement des meilleurs que lui mais il a été récompensé logiquement car il est simple et touchant tout simplement. Le mozart des pickpockets de Philippe Pollet-Villart réalisateur et acteur marque par sa justesse de manière générale. Je recommande également La Baguette un court métrage excellent également du même Philippe Pollet-Villard.

Évidemment il y a beaucoup de courts-métrages brillants mais il faut savoir que ce n'est pas forcément gage de certitudes : beaucoup de courts-métrages de grands cinéastes ne sont pas toujours très bons, voir souvent bien en dessous de leur œuvres.

Bon visionnage à tous !