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mardi 9 janvier 2018

Star Wars VIII : Les derniers Jedi



*Attention, risque de spoils, si vous ne l'avez pas vu*


Deux ans après l'ennuyeuse coquille vide de J.J Abrams, l'épisode VII, je n'étais pas vraiment emballé de me relancer dans cette suite, si ce n'est que pour découvrir l'apport du réalisateur Rian Johnson. Le cinéaste sabre (enfin !) l'univers Star Wars et prend le risque d'offrir de nouvelles pistes. Moitié mauvais, moitié brillant, j'ai trouvé cet épisode VIII plus intéressant et cinématographiquement bien plus convaincant. J'ai eu l'impression de voir une commande Disney par Bong Joon-Ho, soit un mélange palpable de grotesque et de pur spectacle. 

Pour ce qui est de mauvais, je dirai que c'est tout l'héritage et la cohérence scénaristique avec le précédent épisode. Une écriture plate qui manque de rigueur, de panache et de charme. Le plus gros problème reste le faible développement et charisme des nouveaux personnages car il faut quand même avouer que c'est aussi cela la grande force des films originaux, les personnages. Que ce soit dans le développement ou le choix des acteurs, c'est une véritable catastrophe. Daisy Ridley et John Boyega sont vraiment mauvais et ont des charismes de moules zyeutant des frites hors champs tout le long. Insupportables. Adam Driver est bien plus convaincant mais là lui aussi limité à de la caricature, tout comme Domhnall Gleeson. Oscar Isaac est à l'image de cette saga Disney, bien plat par rapport à ce que voudrait être son personnage, révolutionnaire et impulsif. On repassera donc. Tout ça ne suffit vraiment pas pour me captiver ou même me donner envie d'avoir de la compassion envers cette nouvelle génération, plus désespérante qu’intéressante.

L'humour est souvent très lourd, alternant entre le rentre dedans et celui pour les gamins, pas forcément le plus subtil et assumé comme dans une production Les gardiens de la Galaxie. Des fautes de goûts, des rebondissements crétins, et des personnages inutiles (comme celui de Benicio Del Toro) alourdissent une nouvelle fois des intrigues et des interêts qui manquent d'intelligence et même d'originalité. Même si John Williams est un peu plus inspiré que dans l'épisode 7, il est toujours un peu à la redite. Comme l'épisode précédent, c'est la foire du trône, on oscille entre la médiocrité de la prélogie et la forme de la trilogie originale pour le pire, mais cette fois un peu plus, pour le meilleur.  

Parce que oui, il y a du bon cette fois, et du très bon même. Si on peut reprocher à Rian Johnson de faire lui aussi "La photocopieuse contre attaque", il insuffle et fait un merde jouissif à l'épisode 7, à Disney et surtout aux conventions des personnages principaux de la saga. Cela d'abord avec le coup de force de tuer Snoke (Andy Serkis encore lui) au milieu du film. Johnson fait cela avec toujours beaucoup de respect pour la trilogie originale, disant ouvertement que la nouvelle ne vaut pas et ne vaincra jamais la première. Un message sur le cinéma actuel à voir ? Peut-être. Il distille radicalement la disparition de Mark Hamill ( ici dans son meilleur rôle de composition) avec je trouve une certaine élégance, poésie et nostalgie. Moins réussit mais il en est de même pour Princesse Léia, dans une scène improbable, plus immortelle et liftée que jamais. Je trouve la démarche beaucoup plus universelle (un peu comme A la poursuite de Demain de Brad Bird, dont le dernier plan de cet épisode 8 pourrait être parfaitement raccord) de l'esprit du Jedi que celle proposée par Lucas dans sa (mauvaise) prélogie. 

Le tour de force de tuer Snoke est aussi audacieux que radical. Je trouve que c'est à partir de là, que cette trilogie devient enfin intéressante. Cinématographiquement, la mise en scène a par la suite vraiment de la gueule. Particulièrement dans la dernière heure et demie que je n'ai pas vue passer. La première heure est un mélange foutraque entre l'épisode 7 et une introduction au passage de relai définitif. La deuxième moitié du film est peut-être ce qu'il y a de mieux chez le cinéaste, soit l'intelligence de Looper et l'efficacité magistrale de son avant dernier épisode de Breaking Bad. C'est brillant, spectaculaire et le sel n'a jamais été si présent et pourpre à l'écran. Comme le spin off Rogue One, si l'on passe au dessus d'un scénario et de personnages creux et qui pataugent dans la semoule, on a droit a une prise de risque qui redonne un coup de fouet et des lettres de noblesses modernes à l'univers original. Soit à l'opposée de la mise en scène sans âme et automatique de l'épisode précédent. 

J'ai toujours des réserves quant à la cohérence de cette trilogie. Pourquoi ne pas avoir commencé tout simplement par cet opus ? Tuer le père oui, mais deux fois, non et puis mettre si longtemps, ce n'est pas une trilogie de film mais une série Netflix. Imaginons que l'épisode 9 soit réussit, la moitié de cette trilogie restera un hologramme de la première trilogie et du fan service, que je trouve sans aucun intérêt. Et surtout sans âme. L'autre moitié serait un coup de sabre plus couillu qui propose de nouvelles pistes narratives et introduisant des personnages nouveaux, peu développés à cause de l'autre moitié. Cet épisode 8 est un mélange du bon et du moins bon qui vexe logiquement les fans. La faute à Disney (et Abrams) qui a caressé dans le sens du poil le fan de la saga, cherchant à choper la vieille comme la jeune génération facilement. L'arnaque vient de Disney, pas de Johnson. 

Je ne suis pas fan pur de Star Wars mais de cinéma, et je dis clairement que je ne boude pas mon plaisir sur la dernière heure et demie de cet épisode, excellente cinématographiquement. Globalement je me suis moins ennuyé que devant le précédent, mais aussi peut-être parce que je préfères Rian Johnson qui a plus de couilles, d'âme que J.J Abrams et surtout de personnalité. Les derniers Jedi est imparfait, pas toujours convaincant à cause de son cahier des charges et son héritage lourd de platitude, mais avec plus de personnalité, une mise en scène spectaculaire entre hommage et modernité et des prises de risque. 

Réalisation et scénario : Rian Johnson
Durée : 2 h 30
Interprétation : Daisy Ridley, Oscar Isaac, Mark Hamill, Carrie Fisher, Adam Driver... 

samedi 27 février 2016

The Revenant




Réalisation : Alejandro Gonzalez Inarritu
Scénario : Mark L. Smith et Alejandro Gonzalez Inarritu
Tiré du roman de Michael Punke
Durée : 2 h 30
Interprétation : Leonardo DiCaprio, Tom Hardy, Domhnall Gleeson, Will Poulter...
Genre : Malick fait de la série B

Synopsis

Hugh Glass est attaqué sauvagement par un ours et grièvement blessé. Essayer de le sauver risquerait la vie de ses coéquipiers, il est laissé pour mort. Quand il voit son fils se faire assassiner par un de ses coéquipier, il refuse de mourir et va se venger pour trouver la rédemption. 

Je ne vais pas comparer ce film avec Le convoi sauvage de Richard C. Sarafian car l'histoire a beau être la même, ou du moins inspiré du même livre, le scénario, la mise en scène et les pistes sont trop différentes que cela ne serait pas constructif pour parler de The revenant. Les deux versions restent intéressantes à découvrir même si je reste assez partagé sur le film d'Inarritu. 

The Revenant est un film qui transpire dans sa forme ce que l'on attend d'un cinéaste comme Inarritu : nous bluffer. Ce film est effectivement bluffant, stupéfiant pour sa photographie. Cette dernière est tout ce qui a de plus démentielle et nous en met plein la vue du premier au dernier plan. Il y a un an pile les acteurs monumentaux portaient une pâle copie d'un scénario de ce qu'aurait pu être un grand Robert Altman dans Birdman du même Inarritu. Dans The Revenant rebelote sauf que cette fois c'est cette fameuse photographie qui tire à chaque plan le virtuose des plans séquences (et le film) vers le haut. Pour les autres points positifs je serais assez rapide, c'est l'interprétation qui est impeccable. Particulièrement celle de Tom Hardy et des seconds rôles qui ont de plus en plus de grade comme Domhnall Gleeson et Will Poulter. Comment ça j'oublie DiCaprio ? Non. Je reviendrais sur son cas plus tard même si son personnage se remet très vite de ses blessures pour y croire. L'histoire se passe sûrement à Lourdes, un flop dans l'eau et la rééducation est miraculeuse, digne de Christian Bale dans le dernier Dark Knight. En très peu de temps il fait du cheval et bat son ennemi (Tom Hardy en plus) lui en pleine forme.  

Ce qui m'a déplu dans ce film, c'est tout d'abord cette mise en scène ultra maniérée du cinéaste. C'est très agaçant de voir des mouvements de caméra répétitifs, pseudo philosophiques et qui cherchent à tout pris à faire durer le temps le plus longtemps pour nous épater. De plus on sent à chaque plan que le cinéaste veut nous en mettre plein la vue et qu'il fait un très grand film. La scène de l'ours en est le parfait exemple et résume en elle même le film. C'est un duel permanent où l'homme veut avoir le dernier mot sur la nature. Il n'ira pas plus loin sauf pré montrer la détermination de DiCaprio à se venger. C'est long et vain. Le cinéaste utilise dans son montage lourdement une musique pas si sensationnelle que ça et ça ne fonctionne pas. De plus thématiquement tout devient très vite lourd avec ses armes qui se terminent toujours en premier plan chaque fois que l'on voit un conflit ou un homme apparaître à l'écran. Inarritu a toujours ses mêmes obsessions pour les armes qui pour le coup reviennent comme un Boomerang et rendent ses messages vraiment contradictoires, caricaturaux. Beaucoup de lourdeurs donc, un manque de finesse m'a également rendu l'immersion très aléatoire, beaucoup trop pour me convaincre. Le spectaculaire finit par tourner à vide et reste trop intermittent pour me convaincre. Tout comme Gravity ou Interstellar, on a à faire à un cinéaste qui envoie du lourd par sa technique et sa maîtrise absolue de l'image. S'il va chercher une forme sensorielle absolue, il a hélas un scénario qui n'est absolument pas à la hauteur. 

Au final j'ai un peu l'impression d'avoir vu un remake de Traqué de William Friedkin sous la forme du Malick du Nouveau Monde. Sauf que Inarritu essaie d'en tirer un film qui marque le spectateur par n'importe quel moyen à chaque plan. Il préfère glisser des effets numériques moches dans une sublime photo naturelle que de rendre intelligible son script. Il oublie son scénario qui n'est est une série B maquillée en film de vengeance philosophique. Il n'en est absolument rien. Le personnage de DiCaprio est contradictoire. Ses épreuves sont un peu les douze travaux de Léo pour axe narratif du film et c'est un peu faible, si ce n'est pas pour dire beaucoup. Tout n'est qu'un marathon de survie remplie d'épreuves éprouvantes physiquement certes mais qui manque vraiment de liant et de finesse avec la vie sauvage et la nature de l'Homme. La psychologie de Glass est contradictoire et bien trop peu exploitée. Un type qui va chez les indiens, les défend, tombe amoureux, a un fils avec une indienne est montré à la caméra comme un assoiffé de sang, pro américain et si borné dans sa vengeance que ça ne fonctionne pas du tout. Surtout au premier degrés. En y repensant c'est un peu mettre Donald Trump faire une campagne à la Nicolas Hulot : il y a un truc qui cloche. Certains y trouveront du fond, moi je n'y trouve que la limite du scénario. Une fausse nuance qui permet de rendre uniquement en avant l'aspect formel et ne prendre aucune dimension morale ou psychologique. Je pense clairement que le scénario n'est pas bon, que c'est un film de vengeance très classique et vain. Il manque de ressources, de profondeur, de finesse et aussi simplement de fond. DiCaprio fait le boulot bien entendu, il aura peut-être son Oscar pour s'être mit dans un cheval éviscéré par lui-même. Son rôle aux conditions éprouvantes et sa poisse à la compétition sont une belle publicité pour le film et ses nominations. Ce serait presque une imposture car il est loin de montrer l’étendue de son talent. Son personnage est le cliché des personnages qu'il incarne depuis quinze ans : l'homme qui perd ses repères avec des troubles qui le mène à sa perte. S'il remporte l'Oscar tant mieux pour lui même si pour ma part il l'a déjà depuis Shutter Island. S'il gagne prions pour que les années suivantes il n'y ait pas une mode de rôles calibrés de la sorte pour viser les nominations. 

Sur le plan de la photo c'est donc une grande réussite. Je pense que c'est la plus belle photographie que j'ai vue depuis Le Nouveau Monde, justement du même Emmanuel Lubezki. Pour le reste même si je pense que The Revenant mérite absolument le coup d'oeil (dans le sens propre du terme), c'est un film qui propose des sensations. C'est une qualité qu'on ne peut pas lui enlever. Pour ma part c'est la démarche que je trouve beaucoup plus hétérogène. Se prendre autant au sérieux et prétentieux avec un scénario si mince et faussement philosophique et politique est pour ma part plus proche d'un ratage qu'une réussite. Le cinéaste n'est ni Cimino ni Boorman et encore moins Malick et cela même s'il tente de le montrer par tous les moyens. Inarritu renoue cependant plus avec ses anciens thèmes qu'il avait laissés de coté dans Birdman. Parfois c'est saisissant, souvent moins. Une chose est sûre, le cinéaste a changé de fusil d'épaule par rapport à ses premiers films comme Amours Chiennes et 21 Grammes. De pur film de scénario il est passé au pur film de mise en scène quitte à en oublier ses scripts. S'il a le mérite de se renouveler et de procurer des grands moments de cinéma, je trouve qu'il manque simplement d'une colonne vertébrale à son film. Il lui manque à son film de vengeance la double lecture que possède Old Boy  de Park Chan Wook à l'époque. C'est une question de goût comme toujours mais pour ma part The Revenant est un film qui a le plus gros défaut que peut avoir un classique : se prendre bien plus grand qu'il ne l'est du début la fin. 

Note : 4 / 10




jeudi 24 décembre 2015

Invincible ( Unbroken )



Réalisation : Angelina Jolie Pitt
Scénario : William Nicholson, Richard LaGravenese, Joel et Ethan Coen
Durée : 2 h 10
Interprétation : Jack O'Connell, Domhnall Gleeson, Garett Hedlund, Miyavi...
Genre : Téléfilm à Oscars

Synopsis

L'histoire incroyable de Louie Zamperini, le champion olympique durant la Guerre 39/45. Engagé dans l'Armée, après s'être crashé en mer en avion et avoir survécu à 45 jours sur un radeau de sauvetage, il est fait prisonnier par les japonais jusqu'à la libération. 

L'histoire est assez incroyable en effet, le film au contraire ne l'est absolument pas. Dans le fond comme dans la forme tout est d'un académisme et d'un patriotisme américain qui colle ce biopic au sol du début à la fin. L'impression de regarder un téléfilm calibré pour les oscars s'installe et ne nous quitte plus jusqu'au générique final. Distrayant certe mais vain et vide. Le film est bourré d'effets numériques qui ont déjà vieillis.

Heureusement que cette jeune génération d'acteurs en tête d'affiche est très prometteuse et donne un peu vie à toute cette fadeur. C'est sûr c'est bien propre, mais beaucoup trop propre pour y croire. Tout l'émotion est appuyée par une musique de Desplat plutôt transparente. Le film enchaîne les incohérences, mais on a vu pire ailleurs. Le film distrait à défaut d'être bon et la présence de l'excellent Jack O'Connell y est pour beaucoup. Si on peut regretter encore une fois du too much dans l'ensemble dans la direction artistique, l'interprétation sauve de justesse le film du gros navet patriotique.

L’histoire est prenante, quoiqu'un peu longuette sur la fin. Le personnage est finalement exploité pour en faire un symbole américain, qui est aussi le symbole de l'espoir. C'est très cul cul mais comme n'importe quel film à Oscar plutôt bien tenu techniquement. Invincible est un blockbuster 100% américain de nos jours. Autant de défauts que de qualités dans le domaine car ce n'est pas le pire dans le genre. Dommage que le film n'a pas vraiment d’intérêt et est d'une impersonnalité totale. Aussi vite vu qu'oublié, aussi distrayant que too much bref rien de sensationnel.

Note : 4 / 10

Pour les cinéphiles qui sont attirés par ce thème, je recommande plutôt de voir ou revoir Furyo de Nagisa Oshima.

mercredi 23 décembre 2015

Star Wars VII : La force se réveille



Réalisation : J.J Abrams
Scénario : Lawrence Kasdan, Michael Arndt et J.J Abrams
Durée : 2 h 10
Interprétation : Daisy Ridley, John Boyega, Adam Driver, Harrison Ford, Carrie Fischer, Oscar Isaac, Mark Hamill, Domhnall Gleeson, Andy Serkis, Simon Pegg, Daniel Craig...
Genre :Attrape fan sans saveurs

Synopsis

Dans une galaxie très lointaine, 30 ans ont passés après les événements du Retour du Jedi.

Je suis en colère. Je suis passé du côté obscur sans pourtant être un grand fan de Star Wars. Je vais essayer de garder mon calme, de faire abstraction de la promo assommante depuis des mois, des critiques presses toutes vendues pour la promotion du film et bien sûr respecter les goûts de chacun qui ont aimé cette nouvelle version Disney, et ils sont beaucoup. C'est la moindre des choses.

Après Mad Max c'est au tour de l'ex franchise de Georges Lucas de tomber dans les limbes et le cliché du blockbuster contemporain. Alors qu'à son époque La Guerre des étoiles offrait une nouvelle dimension épique au public par son scénario et l'univers, c'est tout le contraire sous la patte de J.J Abrams. Malgré son savoir faire entre hommage respectueux et technologie moderne efficace, Abrams se contente de signer une bande annonce de plus de deux heures d'un reboot qui aurait pu être intéressant s'il avait des personnages développés à la place de scènes d'actions inutiles et sans tensions. 

Oui une bande annonce qui ne s'arrête jamais et qui vise à prendre dans le bon sens du poil et dans sa poche les nostalgiques de la saga, avec un Harrison Ford et une Carrie Fischer vieux usés et fatigués, et la jeune génération Hunger Games et Divergente. Résultat c'est fade, caricatural et franchement c'est du Mozinor au premier degrés tant le scénario est une vaste blague. Ce dernier est une copie de l'épisode quatre dont tous les personnages ne sont pas développés et surtout n'ont pas une once de charisme. Ceci malgré le bon choix des acteurs et la géniale musique de John Williams. Le pire c'est que rien ne fonctionne hormis la mise en scène du cinéaste qui est plus intelligente que Georges Lucas il y a 15 ans dans les épisodes un et deux. Pas difficile en même temps, surtout pour JJ Abrams qui a toujours bien fait son boulot de technicien.

Je n'ai vu que la sauce Disney et sa lourde recette de couches émotionnelles particulièrement lisses et grossières avec de la musique illustrative qui appuie à tout va le cliché.  En plus de cela, on a droit à ce que l'on voit partout dans les séries à la mode actuelles : des intrigues éphémères qui cherchent plus à nous donner envie de voir la suite que de nous offrir un véritable scénario. Toute cette action est très cache misère. Han Solo fait l'émotion de presque tout le film mais on se demande bien comment l'acteur (archi payé pour être là et pas vraiment convaincu) a pu se casser la hanche sur le tournage car il est coupé au montage à chaque fois qu'il bouge. Pourquoi ce n'est pas Spielberg qui s'est collé à ce défi d'ailleurs ? Car même l'Indiana Jones 4 est un chef d’œuvre à côté de cet attrape fan. Côté gentil, rien de surprenant si vous avez vu le quatrième épisode, on a hélas droit à des acteurs et des personnages lisses et sans charismes au physique de séries TV pour ados. Bref, si on parle des méchants ce n'est pas mieux, même si Adam Driver a une voix cool, il est vraiment trop peu développé et surtout ridicule. On dirait qu'il fait une crise d'ado privé de sortie à seulement trente ans. Si Domhnall Gleeson est excellent les deux minutes qu'il apparaît en copie d'Hitler, lui aussi est complètement sous exploité. Je ne parlerai pas de l’humour qui est complètement raté, même Han Solo a perdu son arrogance et sa personnalité. C'est triste.

La mise en scène m'a épuisé. Tout n'est que du spectaculaire avec aucune écriture dans les nombreuse scènes d'actions. Comme Mad Max Fury Road, ce n'est que de la forme mais il n'y a aucune écriture dans ces scènes pour les différencier les unes des autres. Tout devient vite redondant, dénué de suspense et d’intérêt contrairement à ce qu'a réussi à faire MacQuarrie dans le dernier Mission Impossible. Et pourquoi pas John Woo tant qu'on y est hein ? Car franchement c'est une série B mais au premier degré et avec un humour pourri. Le film ne m'a même pas diverti et c'est bien ce qui est le pire car je me suis vraiment ennuyé du début à la fin. J'ai eu l'impression d'être devant un des blockbusters indigestes qui sortent toutes les semaines, sans atteindre les films de Roland Emmerich mais digne de Michael Bay. Pas d’âme, pas d'humour, pas de surprises, pas d’inventivités, tout est d'une tristesse absolue tant un film aseptisé et aux uniques intentions de plaire à la masse de peuple et aux fans. Le film se fond comme n'importe quel film du dimanche soir à gros budget sauf qu'il porte et possède les thèmes de la plus grande saga cinématographique existante. Ce qu'il y a de plus triste dans ce film.

Pour la suite c'est le prometteur Ryan Johnson qui s'y colle mais le cahier des charges Disney me fait peur. Sans être aussi mauvais que les épisodes un et deux pour autant, car je serais vraiment de mauvaise foi si je disais ça, cet opus est quand même très décevant. Je dirais même presque indigeste. Ne serai-ce que pour sa franchise initiale. Comment meubler un scénario qui n’existe pas avec de l'action et plaire à tout le monde ? JJ Abrams a trouvé la formule : il mélange tout et assemble en pilotage automatique un produit à la mode sans saveurs et sans surprises. Je trouve vraiment ce film racoleur et cela même si Abrams est fan des premiers et que cela se voit par le soin qu'il apporte à R2D2 et C3PO ainsi que Chewbacca et Han Solo. Le reste franchement ce n'est pas possible, on dirait un jeu vidéo avec un semblant de scénario qui ne donne qu'envie de voir le deuxième épisode. Le film n'est qu'une enveloppe vide bien refermée. Ce n'est pas en mettant quelques plans qui ont de la gueule (surtout en 3D) et la musique de John Williams qu'on fait un Star Wars

Je ne m'attendais pas à un bon film au départ car les épisodes 4,5 et 6 sont des grands films des années 70, 80 mais absolument pas à un si mauvais. Surtout de la part du cinéaste qui a signé un épisode sympa de Mission Impossible. Il est vrai qu'il vient du monde de la série mais il n'en a gardé que les côtés commerciaux. Ici il y a tous les ingrédients de Star Wars mais aucunement la saveur. Je préfères revoir Les Gardiens de la Galaxie qui est un genre de Star Wars mais chez Marvel avec un réalisateur qui torche parfaitement ses scènes d'actions, avec de l'humour et de la sincérité. Tout ce que ne possède pas ce septième opus.

Note : 3 / 10

 PS : Heureusement que je ne suis pas un geek fan de Star Wars, je me serai pendu. Cependant je comprend qu'on puisse aimer si on rentre dans le film contrairement à moi car c'est généreux en action. Je n'ai vu que les défauts du film et je conçois que de faire un Star Wars pour Disney et avec l'attente du public en période de crise, c'est presque mission impossible. 

Franchement je reste sur les épisodes 4,5 et 6 et pense toujours que Irvin Kerschner est le plus grand réalisateur de la Saga. Pour Disney c'est le pactole assuré même si c'est un autre réalisateur de Mission Impossible qui redore le blason : Brad Bird avec A la poursuite de demain. Le succès et la promotion n'étaient pas au rendez vous. Tant pis.

mercredi 8 juillet 2015

Ex Machina



Réalisateur et scénario : Alex Garland
Durée : 1 h 50
Interprétation : Domhnall Gleeson, Oscar Isaac, Alicia Vikander... 
Genre : Intelligence Superficielle

Synopsis :

A 26 ans, Caleb est un des plus brillants codeurs que compte BlueBook, le plus important des moteurs de recherches du Monde. A ce titre il remporte un séjour d'une semaine dans la résidence du Grand Patron à la Montagne. Mais quand Caleb arrive dans la demeure isolée, il découvre qu'il va participer à une expérience troublante : interagir avec le représentant d'une nouvelle intelligence artificielle apparaissant sous les traits d'Ava. 

Un huis-clos anglais de science-fiction qui traite de l'intelligence artificielle, c'est forcément très attirant. Sur le papier en tout cas. Je suis finalement ressorti de la séance assez mitigé avec la trop grande impression d'avoir visionné un film de Danny Boyle dans sa forme mais avec un scénario long, trop simpliste et qui manque de profondeur.

Alex Garland est connu pour être l'auteur du roman La plage puis le scénariste de Danny Boyle avec Sunshine et 28 jours plus tard. Le cinéaste n'est hélas pas du tout convaincant par son écriture une nouvelle fois. L'enjeu du script tourne vite à vide dès la rencontre avec Ava. Tout se banalise par la suite comme une simple expérience inintéressante, incohérente et au dénouement attendu. Tout n'est pas vraiment crédible, ni prenant car le scénario ne se donne avant tout presque pas la peine de donner de l'ambiguïté, du trouble et une tension subtile entre les deux protagonistes. En ce qui concerne les émotions et l'intelligence des robots ce n'est pas non plus révolutionnaire. Tout est cliché et surtout manque d’intérêt, le personnage d'Ava est quasiment raté. 

Les deux personnages humains ne sont que deux pions d'un jeu de dames dans une maison de retraite. C'est ennuyeux à mourir car ils ne se manipulent qu'à moitié, de manière plus ou moins débile et très lente. Tout est tellement lent que l'on dirait un court métrage de dix minutes étiré sur deux heures. Forcément cette lenteur fait ressortir toutes les grosses ficelles qui sont utilisées. Il n'y a pas de rebondissements, ni de questions pertinentes sur le sujet mais un huis clos platement écrit et paradoxalement filmé de manière tendue et stressante. La narration est molle, plutôt vieillotte et manque d'efficacité et de crédibilité tout le long. Par dessus cela une bande son efficace et la photographie sèche et symétrique, tout deux bien léchés, rendent le tout cependant prenant. Le montage énergique est par moment très audacieux et permet de faire monter la tension au moment voulu. L'immersion est parfois réussie. Dommage que le scénario ne soit pas au rendez-vous car la mise en scène par moment possède un aspect clinique très réussi.

L'ensemble du scénario est beaucoup trop superficiel pour convaincre. Il présente un génie plein aux as qui n'est en fait qu'un horrible pervers alcoolique et un jeune homme surdoué naïf qui met à peine à s'en rendre compte enfermé avec lui une semaine entière. Quant à l'intelligence artificielle, les questions de base sont posées et ne traitent quasiment pas le sujet. L’écriture ne se résume finalement qu'à une tension (ratée) entre deux personnages opposés devant une trouvaille révolutionnaire qui les font s'entendre dans toutes les situations. Ce jeu du chat et de la souris malin dans l'idée est plutôt faiblard dans la pratique. L'idée ne se défend que dans la première demie heure du film car l'opposition manque vraiment de force et surtout d'intelligence. Toutes les pistes ne sont pas approfondies ce qui fait que l'on regarde un film qui tourne rapidement en rond avec des personnages qui deviennent antipathiques par leur stupidité. Si les acteurs restent bons, le jeu de dupes et le twist final restent trop faibles pour rendre un résultat convaincant. Rien ne se défend vraiment dans le genre de la S-F, ni le huis clos et ni le film psychologique.


Ex Machina est une sorte d'épisode de Real Humans plus stylisé mais complètement vidé de son intrigue et intérêt. C'est bien illustré mais l'écriture n'est absolument pas convaincante car peu fouillée et trop superficielle à l'image des personnages principaux. On ne réfléchit pas, on suit vainement un long film bavard et finalement vide. En plus on peut noter des gros problèmes de cohérences dans des scènes. Notamment la scène des révélations qui mènent au twist final qui se passe à dix heures du matin dans la cuisine et environ trois minutes après on se retrouve à dix heures du soir quand l'alarme sonne. Le film n'intrigue que par sa forme sinon c'est un raté. Ex Machina ne devrait être au mieux qu'un épisode de Black Miror mais il aurait fallu lui enlever cinquante minutes. Seulement la série a réussie avec brio l'exercice, Garland lui juste son talent de metteur en scène très inspiré du meilleur de Danny Boyle. 

Note : 4 / 10