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dimanche 12 juin 2016

Elle



Réalisation : Paul Verhoeven
Scénario : David Birke
Tiré de l'oeuvre de Philippe Djian
Durée : 2 h
Interprétation : Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Anne Consigny, Charles Berling, Virginie Efira, Jonas Bloquet, Alice Isaaz...
Genre : Inabouti

Synopsis : 

Michèle fait partie des femmes que rien ne semble atteindre. Elle gère ses affaires comme sa vie sentimentale : d'une main de fer. Sa vie bascule quand elle se fait violer chez elle par un mystérieux inconnu. Michèle ne va pas à la police mais se met à traquer son agresseur. Un jeu étrange entre eux s'installe. 

Le retour du cinéaste de Total Recall presque dix ans après la sortie en salles du brillant Black Book était attendu de la part de pas mal de cinéphiles. Le cinéaste n'était pas forcément attendu en France ainsi qu'avec une critique d'une telle unanimité de la part de la presse au Festival de Cannes. Lui qui a toujours suscité comme Brian De Palma la controverse, ma curiosité fut alors aguichée malgré la bande annonce assez rebutante. Quelques jours après le visionnage, je reste toujours assez partagé sur le film. 

Un peu comme le scénario du film, je ne sais pas trop par où commencer. Le film a énormément de thèmes intéressants (plus ou moins clichés) dont malheureusement je trouve rien n'est approfondi et encore moins abouti. Ce sera pareil pour toutes les nombreuses pistes qui se retrouvent toutes secondaires pour laisser place en premier plan au jeu d'Isabelle Huppert, qui reste hélas dans la caricature de son jeu habituel. Le scénario oscille entre la comédie, la perversion, le deuil, le regret, la mort (soit un peu tout ce qu'aime le cinéaste) mais aucune dramaturgie ou axe directionnel ne semble orienter tout cela vers quelque chose de précis et de vibrant. Elle ressemble à un patchwork du cinéma de Paul Verhoeven distrayant mais qui ne décolle jamais faute à une non écriture, une non intrigue et un jeu souvent plat ou faux des interprètes. 

Dans tout cela il y a de bonnes choses, des moments comiques plutôt réussis et des pistes d'interprétations intrigantes à souhait quant au passé de cette femme et cette famille. On en revient même à se demander si le cinéaste ne veut pas innover dans le thriller plus subtil qu'à l'accoutumée. Le cinéaste y parvient des fois mais c'est bien trop rare, c'est avec les gros sabots qu'il se sent toujours le plus à l'aise. Pendant deux heures le scénario nous dépeint une femme super intéressante sur le papier mais tout reste linéaire et plat, un peu comme si le cinéaste était dès le début fatigué de suivre cette femme presque aussi nuancée et morte socialement que Rachel Stein dans Black Book. 

Le film est aussi riche en thème que vide dans son développement. Beaucoup de pistes narratives nous sont présentées pour finalement que ne pas être abordées. On peut reprocher au film de ne pas aller au fond des choses, tout comme une multitude d'intrigues secondaires, distrayantes certes, mais en majorité sans saveurs et vraiment inutiles pour la suite de l'histoire et parfois la narration. Moi qui aime beaucoup les films du cinéastes là je trouve que pour le coup c'est assez raté. Surtout parce que je pense que la démarche du film n'est pas franche ni sincère. Elle est un film comme Passion de Brian de Palma, un retour d'un cinéaste qui ne marche plus, ou ne colle plus au moule Hollywoodien et qui est dans ses thèmes récurrents. Seulement je trouve que Brian de Palma est plus honnête et franc du collier que Paul Verhoeven. Même si je dirai qu'Elle est plus interessant que Passion il est beaucoup plus fade, beaucoup plus anecdotique. Comme pour le film de De Palma on reste formellement proche du téléfilm moche qui marque la fin d'un cinéaste qui se répète ou qui ne retrouve plus la forme d'antan, et ce sur toutes les coutures. 

Un film est souvent réussi par l'honnêteté du metteur en scène dans son histoire et ici je trouve qu'Elle est assez anecdotique avec le jeu (sans risque) d'Isabelle Huppert toujours adulé par les critiques et des thèmes tellement nombreux qu'on ne peut pas dire que le film ne soit pas intéressant. Un peu comme si on m'avait offert six mignardises et qu'on me demande de noter le repas, je conclurai que ce dernier film de Paul Verhoeven est bien maigre et ne renoue ni avec la forme ni avec le fond et encore moins les brillants ressorts scénaristiques d'antan. Black Book avait des défauts de finesse propre au cinéaste mais balayés par un sens de la mise en scène et dramatique fort. Elle a tout de moyen et s'avère être un exercice de style raté. Comme je doute toujours des intentions principales du film, je ne crierai pas au navet mais assurément de déception. 

Note : 4 / 10

lundi 2 mars 2015

Papa ou Maman



Réalisation : Martin Bourboulon
Scénario : Alexandre De La Pattelière, Matthieu Delaporte et Jérôme Fansten.
Durée : 1 h 20
Interprétation : Marina Foïs, Laurent Lafitte, Anne Le Ny, Anna Lemarchand...
Genre : La guerre du muguet

Synopsis : 

Florence et Vincent ont tout réussis et veulent même réussir leur divorce. Alors qu'ils ont tous les deux des opportunités professionnelles a saisir dans des pays étrangers, ils vont tout faire pour ne pas avoir la garde des enfants.

Les comédies vaches sont de plus en plus rares et j'avoue que j'étais assez curieux de la voir, de plus que j'aime bien les deux acteurs principaux. Pour son premier film, Martin Bourboulon a une donc idée plutôt sympathique mais il est dommage que son traitement et les ressorts soient si mollassons et grossiers. Les scénaristes du film Le prénom restent dans le superficiel, comme perdus lorsque l'imagination doit prendre place à la structure d'une pièce de théâtre. 

Marina Foïs et Laurent Lafitte tirent tous les deux le film par le haut dans la peau d'un couple à complètement à l'Ouest et égoïste. Le fond et la morale trop gentillet, le manque de subtilités et de vacheries nuisent à cette comédie au final bien trop convenue et pas assez généreuse. Techniquement c'est à l'image du film et de son écriture, souvent classique et mou mais avec des moments plus débridés et explosifs. Le film n'est pas régulier même si on sourit de temps en temps pour une ou deux répliques bien placées. L’intérêt de cette petit comédie vient vraiment de ce couple ainsi que la petite guerre attendue dès le départ. Seulement cette guerre met beaucoup de temps à démarrer. Une fois dedans même si la bataille est sympathique elle se fait en très peu de temps et finalement s'arrête quand elle commençait à devenir plus intéressante. La bataille est assez plaisante en pics d'humours incorrects mais convenu quand même. Seulement au final cette guerre est bien trop anecdotique puisqu'on l'attend pendant une longue heure de bienséance.


Au final le film reste bien trop bridé par rapport à sa démarche, le résultat trop hybride pour être une réussite. Les enfants, le reste du casting sont à l'image de l'écriture et de la mise en scène : ni bon ni mauvais. Voilà finalement la conclusion de ce gentil premier film au savoir faire à peine distrayant. Une comédie vite vue vite oubliée auquel je m'attendais à bien plus rire. Mieux vaut se revoir à la place La Guerre des Roses de Danny De Vito dans le sujet ou rayon vacherie une rediffusion d'un film écrit par le Splendid.  

Note : 4,5 / 10

dimanche 30 novembre 2014

Astérix - Le domaine des Dieux



Réalisation : Louis Clichy et Alexandre Astier
Scénario : Alexandre Astier, Jean Remi François et Philip LaZebnik
Adapté de la bande dessinée Le domaine des Dieux de René Goscinny et Albert Uderzo.
Durée : 1 h 20
Avec les voix de : Roger Carel, Guillaume Briat, Alexandre Astier, Alain Chabat, Laurent Lafitte...
Genre : Ils sont fous ces gaulois

Synopsis :

Pour anéantir le célèbre village d'irréductibles gaulois Jules César contruit autour d'eux une station touristique appellée Le Domaine des Dieux afin de les rendre plus civilisés et dépendant des romains.

Un véritable défi était attendu car Le domaine des Dieux est un des meilleurs albums d'Astérix et c'est cette fois le sympathique Alexandre Astier qui a planché dessus. Sans atteindre le cachet magistral et culte des Douze travaux d'Astérix signé par leurs auteurs originaux, ni le feu d'artifice d'humour canal de Mission Cléopatre d'Alain Chabat, Clichy et Astier s'en tirent plutôt bien et livre une bonne adaptation qui plaira aux fans du petit gaulois au casqué ailé et à ceux du Roi Arthur de la série Kaamelott. Un bon compromis qui fait du bien à l'institution après avoir été ridiculisé par Langman et Forestier puis affadi par le bon faiseur Laurent Tirard sur les écrans. 

Celui çi avec la patte Astier serait plus à ranger auprès d'Astérix et Cléopatre et Astérix chez les Bretons, possédant une adaptation fidèle, propre et distrayante et une animation très fluide avec un esprit et bon enfant exactement comme la bande dessinée. Seulement le tout est un peu plus vain et anecdotique que la plume du maître René Goscinny. Il n'en reste pas moins un très bon divertissement où l'on entend l’éternel jeunôt de 87 ans Roger Carel pour notre plus grand plaisir une nouvelle fois sous le casque d'Asterix et des dialogues très drôles tout le long du film. Astier est en très grande forme et met son style particulièrement au diapason régulièrement dans le film. Je trouve que l'humour fonctionne beaucoup mieux que dans sa série (problème des longueurs) et nous donne avec les voix d'un casting de luxe des moments de franche rigolade. Laurent Lafitte est particulièrement irrésistible, ou même Astier en centurion est parfait. Seule ombre a tout cela et ce sera une cruelle déception pour ma part, la voix d'Obélix faite par Guillaume Briat, vraiment loupé car elle ne dégage absolument rien.

Louis Clichy qui a travaillé chez Pixar en animateur sur Wall E et La Haut fait du bon boulot mais dans son domaine (dont il est certainement le Dieu) car pour la qualité des graphismes je suis beaucoup plus réservé. Effectivement je ne trouve pas les graphismes très beaux, je les trouve fades et assez plats plus proche d'un jeu vidéo que de la belle animation que l'on peut voir habituellement même si techniquement ils sont parfaitement orchestrés. Un peu comme si on avait numérisé sur Gameboy les dessins d'Uderzo, ce qui est un peu frustrant, et je ne suis pas sûr que cela vieillisse très bien. Je ne l'ai pas vu en 3D mais pense n'avoir pas raté grand chose sauf peut être un ou deux effets comme d'habitude dans cette fin particulièrement réjouissante en hommage à King Kong.

Cette adaptation est un honorable divertissement comme on aimerait en voir plus souvent dans les adaptations de bande dessinée. L'adaptation de Tintin sous la caméra de Spielberg était techniquement bluffant mais souffrait d'audace scénaristique quasiment absente, cette adaptation d'Astérix ici ne manque ni de dialogue, ni d'humour mais également un peu de prise de risque. On retrouve pourtant Philip LaZebnik au scénario qui avait commencé chez Disney avec Pocahontas et Mulan. Au final c'est peut être trop fidèle à la trame générale et peu inspirée niveau narration mais pas trop pour que l'humour et les différents délires soient communicatifs. Le public fan de l'humour d'Astier et surtout du petit gaulois y trouvera sans problème son compte mais peut-être pas les petits enfants par contre. Un Astérix respectueux, honnête et distrayant qui vaut le coup d'oeil. 


Note : 7 / 10