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lundi 24 juillet 2017

Baby Driver




Après avoir été remplacé sur le Marvel Antman, les fans du réalisateur anglais auront finalement attendus quatre années pour voir son dernier film. Avec Baby Driver le cinéaste nous embarque auprès d'un jeune orphelin chauffeur pour la mafia guidé par le rythme de sa playlist musicale pour s'échapper des braquages. 

Voilà un film de série B très classique et qui ne mise que sur sa forme, exactement comme Drive de Nicolas Winding Refn, dont on retrouve allègrement les lignes principales. Chez Edgar Wright, la patte très pop, référencée et rythmée colle évidemment avec le parti pris du film. Son style fait le show et ça fonctionne du début à la fin. Baby Driver est distrayant et toujours virtuose dans sa forme comme élégant visuellement. Cependant il souffre comme pour Scott Pilgrim d'un scénario trop vite répétitif. Les personnages sont malheureusement peu fouillés. Sans parler de la fin assez décevante, l'ensemble du film est un produit trop calibré et sans ambition narrative pour convaincre totalement. Surtout qu'il n'y a pas de parti pris radical dans la mise en scène pour la défense du cinéaste comme celui de Georges Miller dans Mad Max Fury Road. 

Si j'ai passé un bon moment devant, je suis loin d'avoir adoré. J'ai eu l'impression d'être devant un film destiné aux adolescents et aux fans du cinéaste (geeks (et/ou) cinéphiles). Je suis pourtant un fan d'Edgar Wright mais ce Baby Driver vient confirmer que la collaboration avec Simon Pegg est indispensable et complémentaire pour voir un bon cru. On est quand même loin de la trilogie Cornetto qui a le grain de sel, l'ingrédient inventif, trash, so british et parfaitement référencé en plus. Quand Edgar Wright est seul à l'écriture tout reste plus sage, il manque de la fraîcheur et de l'originalité.

Le jeune réalisateur a rapidement marqué son emprunte pop et référencée au même titre que Quentin Tarantino. Il n'a plus rien à prouver si ce n'est que dépasser son simple savoir faire, certes réjouissant, et prouver qu'il peut réaliser un film plus ambitieux et surtout bien plus original que ce Baby Driver. Ce n'est que du savoir faire, et même s'il est toujours agréable de voir un film d'Edgar Wright par ces temps ci dans l'univers du film du divertissement, j'avoue que dans le même délire j'ai trouvé Kingsman de Matthew Vaughn bien au dessus. Ce dernier est typiquement le genre de film digne du réalisateur de Hot Fuzz. Baby Driver est un petit film brillamment réalisé mais qui a surtout le mérite de distribuer le talent du cinéaste dans bien plus de salles obscures que d'habitude. 

Réalisation et scénario : Edgar Wright 
Durée : 1 h 45
Interprétation : Ansel Elgort, Lily James, Kevin Spacey, Jamie Foxx, John Hamm, Jon Berntal...

mercredi 25 novembre 2015

This is not a love story ( Me and Earl and The Dying Girl)



Réalisation : Alfonso Gomez-Rejon
Scénario : Jesse Andrews 
tiré de son roman homonyme
Durée : 1 h 45
Interprétation : Thomas Mann (II), Olivia Cooke, RJ Cyler, Jon Bernthal...
Genre : Teen Movie référencé 

Synopsis : 

Greg est un lycéen introverti, adepte de l'autodérision, qui compte bien finir son année de Terminale le plus discrètement possible. Il passe la plupart de son temps avec son ami Earl à refaire ses propres versions des grands classiques du cinéma. Mais sa volonté de passer inaperçu est mise à mal lorsque sa mère le force à revoir Rachel, une ancienne amie de maternelle, atteinte de leucémie. 

A l'image du personnage principal, le film passe complètement inaperçu : il est seulement distribué dans dix salles en France. Pourtant ce Teen Movie mérite vraiment le coup d'oeil. Du début à la fin plane un amour pour le cinéma évident, que ce soit celui de Martin Scorsese ouvertement, mais aussi celui du bricolage, le "suedage" cinématographique de Michel Gondry ou celui de Wes Anderson avec son scénario qui oscille entre humour et émotion. Influencé, référencé mais sincère et juste, ce film fonctionne et brille à bien des égards. 

Pendant une heure on a un rythme soutenu où le cinéaste tient la parfaite distance entre l'humour et le drame, la dérision et le grave et y trouve un équilibre très intéressant. La dernière demie heure entre plus dans l'émotion. Il perd un peu de son énergie mais ne tombe pas dans le pathos et la facilité pour autant. Il manque juste un peu de personnalité et des références moins appuyées pour donner une authenticité, une identité plus forte à l'ensemble mais aussi pour réussir un grand tour de force. Ce qui nous empêche pas d'être touché et sensible à l'histoire pour autant. 

Si le scénario reste dans les codes du genre, le grand charme provient surtout de sa forme. On apprécie une bande son soignée et cohérente, une mise en scène nerveuse, juste et inventive et le charme certain du casting. Le scénario est tout de même bien écrit, très drôle et très juste à la fois et le casting au capital sympathique aide aussi pas mal à la réussite. Thomas Mann est impeccable et Olivia Cooke très convaincante dans un rôle pour le moins difficile. On retrouve également Jon Bernthal dans un rôle de prof bien sympa. 

S'il n'atteint pas le niveau génial Little Miss Sunshine, This is not a Love Story peut sans aucun doute se ranger à côté de Juno, Sing Street ou encore Dope. Je le conseille fortement aux amateurs de Teen Movie et aux cinéphiles car il y a vraiment des passages irrésistibles. 

mercredi 7 octobre 2015

Sicario



Réalisation : Denis Villeneuve
Scénario : Taylor Sheridan
Durée : 2 h 
Interprétation : Emily Blunt, Benicio Del Toro, Josh Brolin, Jon Berntal... 
Genre : Pas de quoi sortir le briquet

Synopsis : 

Kate, une jeune recrue du FBI, est retenue pour intervenir dans le territoire de non droit entre les Etats-Unis et le Mexique. Elle y est enrôlée pour stopper le trafic de drogue entre les deux pays. Seulement pour obtenir des réponses et des solutions, il faut faire face à des solutions qui ne sont pas toujours légales. 

Une chose est sûre, Denis Villeneuve est un bon réalisateur et ça se confirme pendant ces deux heures. Hélas avec Sicario il confirme également qu'il ne sait toujours pas bien choisir son scénario. Si son policier est réalisé comme un brillant film de guerre dans la forme, le scénario reste trop pauvre et maladroit pour convaincre. 

Avec une bande son efficace et de beaux morceaux de bravoures dans la niveau mise en scène, notamment dans les montées de suspense, Sicario vaut son coup d’œil. Idem pour le casting globalement solide, surtout porté par le génial Benicio Del Toro qui, une nouvelle fois, tire le film par le haut. On retrouve un goût de la photographie classique et bien appliqué, un montage soigné et un rythme qui négocie très bien la tension globale du film, aussi bien dans le dialogue que dans l'action. 

Le problème selon moi vient du scénario. Il est plat, sans rebondissement et finalement assez maladroit. On se demande un peu les intentions de départ si ce n'est montrer que la corruption existe dans les deux camps, soit un peu partout aux Etats-Unis. C'est pas neuf, les premiers films noirs nous le montraient déjà et bien mieux. Un peu too much de prendre un personnage si naïf et frêle comme Kate dont on ne prend pas spécialement empathie. Elle manque de charisme et de développement autant sur le papier qu'à l’écran. Emily Blunt, au jeu parfois un peu frêle, n'est pas à la hauteur de cet univers, surtout face aux autres grands acteurs. Comme Jodie Foster dans Le silence des agneaux Kate incarne l'innocence et la jeunesse face au mal. Seulement elle peine à nous touche et patauge souvent dans la semoule, à l'image de son personnage dans le film. Toute l'intrigue principale se devine quant à elle dès les premières minutes du film, tout du moins dès que les personnages principaux sont présentés. Le scénario ne donne ensuite que du champs libre à la mise en scène du cinéaste. Une histoire plutôt simple et sans rebondissements, ni réflexions qui se suit de manière agréable mais sans véritable intérêt. Du coup on a des scènes de traques très bien réalisées mais plus étirées et spectaculaires qu'utiles à l'histoire. Côte psychologique, c'est pas très fouillé non plus, tout trouve rapidement ses limites. Le plus tâche reste le point de vue du camps adverse de la famille du policier avec le garçon qui veut jouer avec son père. Séduisant au début cette intrigue à la Innaritu devient vite un feu de paille qui ne sert à rien du tout. Une grosse maladresse qui donne une mauvaise impression de tentative raté. 

Prisoners possède des maladresses et de longueurs qui l'handicapent mais a un scénario souvent palpitant dans les règles du genre. Sicario quant à lui est plus court mais très prévisible et manque tout le long d'originalité. Il manque également de force dans son cheminement, surtout sur son final qui montre rapidement ses limites, se reposant uniquement sur les épaules de l'acteur Benicio Del Toro, entre Javier Bardem de No Country For Old Men et Anthony Hopkins en Hannibal Lecter. On est très loin des films comme Les infiltrés ou L.A Confidential qui atteignent dans le domaine une force, une virtuosité absolue dans les rapports de force et la manipulation. Le scénario de Sicario manque de virtuosité mais surtout de ton. On dirait que le scénariste s'ennuie de nous raconter son histoire, et du coup nous aussi. Résultat on a que les acteurs à se mettre sous la dent et un metteur en scène qui se croit souvent en croisade pour les Oscars. Si la forme n'était pas si grandiose, le film serait mauvais car dépassé les vingt premières minutes, le scénario n'est pas à la hauteur de la mise en scène. Dommage que cela se prenne autant au sérieux car on suit un polar qui se veut bon mais qui en réalité est médiocre. 

Villeneuve manie à merveille les codes pour le meilleur ou pour le pire, c'est à vous de voir si vous aimez ou pas, les amateurs de Prisoners aimeront sans doute car c'est une nouvelle fois efficace à défaut d'être personnel. Vivement que le cinéaste trouve un bon script et dépasse le stade de simple illustrateur débordant de talent. Il se retrouve ici entre le bon faiseur comme Taylor Hackford et le cinéaste capable de marquer les esprits, comme un certain David Fincher. Au prochain coup peut-être ? Espérons. Dans le thème, revoyez ou foncez vers un des meilleurs films de Steven Soderbergh et un Benicio Del Toro génial : Traffic. 

Note : 4,5 / 10

Si certains plans font penser à No Country For Old Men des frères Coen, c'est normal ce n'est pas que l'univers mais bien le même chef opérateur qui signe la photo ici.  

dimanche 6 septembre 2015

We Are Your Friends



Réalisation : Max Joseph
Scénario : Meaghan Oppenheimer et Max Joseph
Durée : 1 h 30
Interprétation : Zac Efron, Emily Ratajkowski, Wes Bentley, Jon Berntal, Shilow Fernandez...
Genre : Clip sans enjeux

Synopsis : 

Cole, un jeune DJ de 23 ans, fait connaissance de James, un DJ expérimenté, qui décide de le prendre sous son aile pour le faire évoluer et lui offrir l'opportunité de faire son métier en plein temps. 

Le premier film de Max Joseph est un film distrayant mais hélas aussi vite vu qu'oublié. Son plus gros défaut est d'être surtout calibré comme un produit MTV. Le film surfe formellement avec les effets stylistiques à la mode du moment. que ce soit Youtube ou MTV. Les clichés sont plutôt bien filmés et peu pompeux mais l'ensemble reste toujours dans le superficiel. On se retrouve comme devant un long clip d'un morceau electro maîtrisé mais qui peine à illustrer un semblant de scénario. Ce dernier est bien trop pauvre pour convaincre. 

Le résultat est finalement très bancal et on sort de We Are Your Friends avec une impression de ni bien ni mauvais. Globalement bien interprété et proprement mis en scène, il n'y a hélas aucun enjeu dans le scénario. On dirait que le film contente le public en lui montrant ce qu'il veut. Derrière le scénario ou la caméra, personne ne prend la peine de faire quelque chose de construit et d’intéressant. On suit donc une succession de scènes anecdotiques plutôt faiblardes avec de beaux personnages qui font la teuf en Californie sur de la musique electro. Pourquoi pas. De là à suivre pendant une heure et demie des longs effets étirés au ralenti, un semblant d'émotion, des pistes dramatiques légères et téléphonées longtemps à l'avance par le spectateur, faut quand même pas pousser. 

Cependant, il y a du rythme et une application permanente à bien faire le boulot. Et cela fait plaisir à voir car au final même si ça ne raconte rien le produit tient la route dans sa forme. Max Joseph rend une copie loin d'être exécrable comme on pourrait le voir dans la plupart des produits calibrés et vides de la sorte. Dommage que le fond et le style soient si insipides. Ce film est un peu un Magic Mike sans ses shows et la virtuosité et / ou le cynisme d'un cinéaste derrière tout cela. C'est distrayant mais sans intérêt sauf pour les fans d'electro et de Zac Efron. Heureusement ces deux là sont souvent au premier plan et gèrent du début à la fin. 

Note : 5 / 10