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mercredi 8 février 2017

Un jour dans la vie de Billy Lynn ( Billy Lynn's Long Halftime Walk )





Tourné en 4K et 3D avec 120 images par secondes, il est impossible aujourd'hui de profiter de ce film en salles comme l'aurait voulu le cinéaste. Malheureusement pour beaucoup de spectateurs aussi car ce non équipement des salles est une (fausse) excuse pour ne pas le distribuer. Ang Lee a réalisé un film aussi simple qu'impressionnant sur une journée d'un héros américain revenu d'Irak. 

Avec une mise en scène plus radicale que d'habitude, Ang Lee oscille de manière virtuose entre la finesse, qu'on lui connaît et qu'on peut retrouver dans Ice Storm et le côté subversif et critique acerbe des Etats-Unis, proche de celle de Paul Verhoeven. Avec une belle troupe de jeunes acteurs aux côtés d'archétypes américains tel Vin Diesel, Steve Martin ou Chris Tucker le cinéaste montre toute l'artificialité du héros et l'image de la Guerre aux Etats-Unis. Un peu comme si MASH de Robert Altman s'implantait dans le cinéma d'aujourd'hui, Une journée dans la vie de Billy Lynn est un étalage d'humour sur pas mal de niveau aussi jouissif qu'il met autant mal à l'aise. Certains pics sont délicieusement cynique. L’Amérique est imagée par cette pompom girl, superficielle, allumeuse (qui joue mal en plus) et sans aucune émotion uniquement attirée et qui ne veut qu'un héros à ses côtés. Rien que ce contraste est sidérant et génial d'intelligence. 

Avec le personnage de la soeur, interprétée avec sagesse par Kristen Stewart, beaucoup plus en retrait et avec un regard omniscient par rapport aux autres  Ang Lee de par sa mise en scène donne beaucoup d’intérêt à un scénario un peu irrégulier et un peu long. A l'image du casting, on tombe sur de très belles choses et d'autres plus banales. Tout n'est pas forcement fort et essentiel, je dirais même un peu trop allongé de manière générale. Seulement le cinéaste se fait tellement plaisir que c'est assez communicatif pour rendre l'ensemble honorable. Sans la conviction et le talent d'Ang Lee, ce serait un film bavard avec de bonnes intentions. Malgré ces quelques défauts, je recommande ce film qui ne méritait pas un tel sort.

Réalisation : Ang Lee
Scénario : Jean-Christophe Castelli
Durée : 1 h 50
Interprétation : Joe Alwyn, Garrett Hedlund, Kristen Stewart, Chris Tucker, Steve Martin, Vin Diesel, Tim Blake Nelson... 

samedi 22 août 2015

American Ultra




Réalisation : Nima Nourizadeh 
Scénario : Max Landis
Durée : 1 h 40
Interprétation : Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Topher Grace, Connie Britton, Bill Pullman, John Leguizamo...
Genre : Loupé


Synopsis : 

Mike Howell a une vie paisible et sans ambition avec sa copine Phoebe. Un jour tout est chamboulé car il apprend qu'il est un agent sur entraîné dont la mémoire a été effacée. Des gens veulent sa peau, d'autre le sauver. C'est encore un peu trop de choses compliquées à assumer pour un jeune homme souvent drogué. 

Au départ, il y a une bonne idée originale pour de la comédie d'action. Au final ce sera à peu près tout car tout le reste est paresseux, lisse et devient frustrant. Les acteurs principaux sont en petite forme, le scénario est trop maladroit pour convaincre et Nima Nourizadeh confirme surtout qu'il n'est pas un bon metteur en scène. 

Le cinéaste était encore meilleur quand il fallait faire du Found Footage comme son premier film Projet X. Sa piètre inventivité ici ne fait décoller que 10 % du potentiel du scénario. Scénario qui à la base reprend le concept de Jason Bourne et Traqué de Friedkin de manière plutôt pas mal mais un peu trop maladroit et lisse dans l'ensemble pour être bon. C'est bien dommage car le film commence de manière assez séduisante, pour ne finalement ne jamais décoller et rester au sol. On a le droit a de l'humour assez lourd, des scènes d'actions qui sentent le déjà vu ou qui suivent à la lettre les conventions du genre. 

En plus de cela on a une mauvaise utilisation de la musique, les effets de montage sont plats, la violence toujours mal chorégraphiée et confirme la mise en scène pataude du début à la fin. Les dialogues souvent sont ternes et manquent de cachet. Sans être un navet pour autant, le film se suit sans saveurs et frustre plus qu'il ne fait rire ou distrait. Si l'on excepte le bon générique de fin, on désire un Mathhew Vaughn ou un Edgar Wright aux manettes. 

On pense à ce qu'aurait réalisé un Friedkin ou un Tarantino comme le dit si justement Télérama car ici out n'est qu'une pâle copie du genre qui ne décolle jamais. C'est bien dommage car il y avait tous les ingrédients en main pour faire un sacré cocktail Molotov du genre. Le génie et le savoir faire n'est pas à la portée de tout le monde et ce film en est la preuve. 

Note : 3,5 / 10

lundi 23 mars 2015

Still Alice



Réalisation et scénario : Richard Glatzer et Wash Westmoreland
d'après le roman L'envol du papillon de Lisa Genova
Durée : 1 h 35
Interprétation : Julianne Moore, Kristen Stewart, Alec Baldwin...
Genre : Oubliable

Synopsis :

Professeur de linguistique renommée, mariée et mère de trois grands enfants, Alice commence à oublier les mots. On lui diagnostique rapidement les premiers signes de la maladie d'Alzheimer précoce. Son combat pour rester elle même commence.

Après le sida avec Dallas Buyer Club, c'est au tour de la maladie d'Alzheimer qui a droit a son film. Pas (encore) d'appels aux dons demandés explicitement mais encore une fois on a droit à une démarche documentaire où tout est essentiellement porté par l'interprétation du personnage principal. Julianne Moore mérite enfin son oscar et porte le film intégralement sur ses épaules. Hélas tout ce qui gravite autour d'elle n'est pas à la hauteur et manque trop d'approfondissement pour convaincre. Le tout est illustré par une mise en scène fantomatique.

On a pas le temps de s'ennuyer car le film est court, le sujet intéressant et encore très peu traité au cinéma. Je dirai même essentiel à voir. Julianne Moore rend bouleversant son personnage et donne toute l'émotion possible à ce film à l'intérêt cinématographique nul. La mise en scène est fade et se contente d'illustrer platement un scénario qui ne joue que sur les effets de la maladie niveau pour susciter l'émotion. Tout le reste n'est que vain et trop superficiel. L'écriture manque de fraîcheur, de subtilité, d'originalité, de ton, de force et ne compte que sur l'actrice investie pour faire tourner le tout. Si cette dernière est au sommet de son talent elle réussit effectivement à rendre le message principal touchant. Malgré le talent de l'actrice, Still Alice ne dégage finalement rien d'autre qu'un film d'interprétation. Malgré tout le talent de Julianne Moore qu'on lui connaît, le film manque avant tout d'un cinéaste aux commandes pour le rendre intéressant. Still Alice n'a pas de prise de risque, de point de vue dans son écriture et sa mise en scène. Si la niaiserie est heureusement contournée ou bien négociée, il manque un regard sur le personnage, l'entourage, la maladie qui est vraiment frustrant.

Si la franchise des cinéastes est là et la prétention absente, Still Alice reste qu'un petit film car il est au point mort dans toutes les pistes essentielles pour traiter un sujet, une maladie aussi délicate que celle çie. Chaque fois qu'on pense au film c'est uniquement pour la performance de l'actrice qui transcende et surclasse son entourage. Julianne Moore est le seul intérêt du film par son interprétation magistrale. Ce qui est tout le contraire d'un film comme Le Scaphandre et le papillon de Julian Schnabel où l'interprétation est au niveau de la qualité du scénario et de la mise en scène. Les trois notes de musiques monotones et clichées en guise de bande son n'aideront pas à faire oublier la platitude générale, au contraire. Elles montrent et scellent les limites du film du début à la fin, à l'image des deux pauvres tentatives de mise en scène ratées. Très rapidement le film s'enferme dans le gentil pensum et prise de conscience de la maladie. Il est certain qu'il en touchera plus d'un car la maladie en elle même est assez horrible pour la personne comme pour son entourage. Si Still Alice est un film essentiel et sincère on ne vous en voudra pas si vous l'oubliez, et encore moins si vous l'oubliez complètement. Ce n'est pas un signe de la maladie, sortez en néanmoins assurés.

Note : 4,5 / 10