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samedi 11 juillet 2015

Magic Mike XXL



Réalisation : Gregory Jacobs
Scénario : Reid Carolin
Durée : 1 h 50
Interprétation : Channing Tatum, Matt Bomer, Joe Manganiello, Elisabeth Banks, Andy Mac Dowell... 
Genre : Numéro deux honorable

Synopsis : 

Trois ans après l'abandon de Mike de sa vie de Strip-teaser, la troupe des Kings Of Tampa sont eux aussi prêt à jeter l'éponge. Mais ils veulent le faire à leur façon. Mike revient dans la troupe et veut faire les choses en grand. 

Le premier opus réalisé par Steven Soderbergh est une comédie dramatique bien tenue et réalisée. Il fait penser à American Gigolo de Paul Schrader dans nos années 2000 avec la patte d'un grand cinéaste derrière. L'idée d'en faire un deuxième opus est dispensable mais apparemment pas pour les studios qui profite du succès du film auprès des femmes. Cela pour le grand bonheur de ces dernières et de Channing Tatum qui prend ici à nouveau un grand plaisir à rempiler le rôle. Les femmes vont se régaler une nouvelle fois car les numéros sont au point, le scénario hélas un peu moins.

Cette fois à la mise en scène c'est l'assistant réalisateur et le directeur de la photographie de Steven Soderbergh qui s'y colle. Gregory Jacobs n'est pas si mal derrière la caméra même si on sent que la photographie est plus appliquée que le reste. Même si le montage reste pro et la bande son au top, l'ensemble reste un peu comme le scénario, un cran en dessous du premier opus. Niveau scénario Reid Carolin se montre moins inspiré et tranchant. Dans la mise en scène c'est peu comme les frères Coen avec J.Todd Anderson pour The Naked Man : on retrouve l'esprit et l'univers de leur formateur mais en plus mollasson et avec moins d'âme. Ce second opus ressemble donc au premier mais en plus paresseux et mou mais avec quand même une bonne énergie derrière. Il est plus drôle dans son scénario (humour réussi avec Dallas et la carrière actuelle de McConaughey) mais aussi un peu plus ennuyeux et lisse.

Au programme du blabla, un peu de sentiments et des danses. Le problème du script et du film reste des longues retrouvailles et beaucoup de blabla plus ou moins drôle qui s'étale sur les deux tiers du film. On retrouve clairement en référence le classique de John Landis The Blues Brothers avec la reconstruction d'un groupe mais plus baigné dans de la comédie d'un bon Jude Apatow. Le tout reste distrayant et sans prise de tête et n'entre jamais dans la comédie bien lourde. Un bon point pour ce genre de film. On regrettera de voir qu'un immense show final et pas plus souvent au cours du film. Il reste heureusement un passage assez drôle à se mettre sous la dent (ou sous l’œil cela dépend du point de vue) sur la route durant une pause dans une station service. Channing Tatum est un excellent danseur, il est drôle (le diptyque Jump Street le démontre très bien) et peut-être sérieux quand il le faut (Foxcatcheur). Il concilie l'ensemble de ses talents et ça fonctionne bien. Le reste du casting reste pas mal et plutôt bien composé. D'Elisabeth Banks (partout en ce moment) au retour d'Andy Mac Dowell (plutôt drôle), les acteurs tiennent le cap et le rythme.

Les show musicaux sont bien filmés et chorégraphiés, c'est plaisant sans entrer dans la facilité ni pour autant dans l'originalité. On comprend rapidement pourquoi d'après les sondages aux Etats-Unis 96 % des spectateurs du film sont des femmes car tout est écrit et mis en scène pour leurs yeux et les émoustiller. Sans parler de la campagne promo et le casting. Sinon Magic Mike XXL pour n'importe qui n'est pas vulgaire et loin d'être un navet mais un divertissement plutôt honorable dans la forme et la manière. S'il a tendance à dénaturer le premier opus pour en faire un plus gros strip-tease à la fin il ne se moque pas du film original ni de son public et reste même assez généreux. Inutile de rappeler que c'est n'est pas le cas de tous les films. 

Note : 6 / 10


vendredi 10 juillet 2015

Love & Mercy : La véritable histoire de Brian Wilson et des Beach Boys



Réalisation : Bill Pohad
Scénario : Oren Moverman et Michael Alan Lerner
Durée : 2 h 
Interprétation : Paul Dano, John Cusack, Elisabeth Banks, Paul Giamatti...
Genre : Bad Vibrations

Synopsis : 

Derrière la mélodie joyeuse des Beach Boys, il y a Brian Wilson qu'une enfance tourmentée à rendu schizophrène. Le film raconte ses années dans le groupe, puis trente ans après, les années noire où il tombe amoureux et ressuscite. 

Parmi tous les biopics que l'on a droit depuis des années dans les salles sur les musiciens, un film sur Brian Wilson et les Beach Boys se faisait attendre. Le voici enfin, c'est globalement un bon film même s'il risque de décevoir ceux qui s'attendent à un scénario classique sur le groupe et rempli d'anecdotes croustillantes.

En effet l'approche est différente. Elle est bien plus psychologique qu'historique et documentaire sur la véritable histoire des Beach Boys. D'ailleurs on ne suit presque que deux périodes de la vie de Brian Wilson. La période où il est jeune dans les années soixante, interprété par Paul Dano, et celui des années quatre vingt dix, malade, manipulé et amoureux interprété par John Cusack. Toutes les deux parties sont juxtaposées l'une à l'autre de manière pas forcément liée ni cohérente mais qui laisse place à un non dit passionnant et qui change des films classiques. Les années soixante dix et quatre vingt sont toutes ignorées comme pas mal de points litigieux et pas du tout traitées. C'est donc au public de recoller les morceaux, constater les dégâts et analyser la psychologie du personnage dans sa jeunesse prolifique pendant deux heures de cinéma saisissantes. 

Si les parties des années soixante sont sublimes par ses reconstitutions, l'interprétation et le magnétisme de l'ensemble des scènes, celles des années quatre vingt dix sont en revanche un peu plus ternes. Cela même si la partition de John Cusack reste très convaincante. Paul Dano et John Cusack sont excellents, deux acteurs trop rares et bourrés de talent. Elisabeth Banks quant à elle est toujours trop banale à côté du reste du casting et Paul Giamatti en fait parfois un peu trop dans le rôle du psy cinglé. Même si la mise en scène ainsi que le scénario sont loin d'être mauvais, elle ne transpire pas le cinéma intense des parties où Paul Dano est présent. Sa psychologie, ses tourments et son jeune personnage torturé est excellemment mis en scène et en image. Avec la mise en scène et le jeu de Paul Dano on s'y croit vraiment, une immersion purement cinématographique. La mise en scène atteint des sommets de grâce dans la folie, entre les répétitions et les différentes phases de paranoïa de Brian Wilson. On apprécie tout le long une sublime photographie, une magnifique bande son additionnelle en plus bien entendu de la bande originale des Beach Boys. Le scénario est souvent précis, parfois rempli de finesse et d'ambiguïté psychologique pas si banal pour le cinéma que l'on voit d'habitude. Le film alterne entre le documentaire clinique et le trip onirique et hypnotique un peu comme le Saint Laurent de Bertrand Bonello de manière assez à l'aise. La composition touchante de John Cusack permet de rendre à l'écran tout le poids des années perdues et de maladie. Si cette partie est moins captivante, elle reste tout de même assez intéressante au niveau de sa véracité et son histoire peu commune.


Love and Mercy : La véritable histoire de Brian Wilson et des Beach Boys est un film à double tranchant. Si un côté l'est plus que l'autre cela n'empêche en rien de suivre un film riche et intéressant sur la vie et la psychologie torturée d'un des plus grands musiciens du vingtième siècle. Bill Pohad signe de beaux morceaux bravoures cinématographiques en tant que cinéaste dans un biopic où le non dit peut autant être intéressant que frustrant pour le public. Après rien nous empêche de lire l'autobiographie de Brian Wilson lui-même. Le film lui se démarque des films plus classiques et académiques et c'est déjà un gros atout. Indispensable à voir pour ceux qui sont passionnés de musique car la vie de Brian Wilson est très intéressante et loin d'être à l'image de la musique des Beach Boys. Je recommande fortement ce film que vous soyez amateur de cinéma et de musique.

Note : 7,5 / 10