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lundi 25 janvier 2016

The Danish Girl



Réalisation : Tom Hooper
Scénario : Lucinda Coxon 
Tiré de l'oeuvre de David Ebershoff
Interprétation : Eddie Redmayne, Alicia Vikander, Ben Whishaw, Matthias Schoenaerts, Amber Heard...
Genre : Plat

Synopsis : 

L'histoire d'amour de Gerda Wegener et Lili Elbe, née Einar Wegener, l’artiste danoise connue pour avoir été la première personne opérée pour une ré attribution sexuelle dans les années 1930. 

Le sujet est vraiment passionnant et historiquement il y a de quoi nous intéresser et nous apprendre autre chose que les clichés connus. Il est dommage que le scénario ne nous offre pas plus qu'une histoire d'amour plate. Le classicisme de Hooper est de retour, sa mise en scène est lisse à l'image du scénario qui gomme toutes les tensions, les interrogations et les questions psychologiques les plus intéressantes du sujet.

Le film ne raconte pas grand chose hormis une histoire d'amour dont on ne voit que des brèches superficielles, à l'image de la psychologie du personnage d'Einar. Tout arrive de manière rapide, tout manque d'approfondissement malgré une certaine élégance à l'anglaise et une sobriété bienvenue. Seulement le film s'étire et ne propose rien de transcendant. Il permet de rendre Eddie Redmayne une nouvel fois en compétition aux Oscars avec un jeu entre tristesse et joie sans charisme et sans véritable émotion. A ses côtés, un solide casting. Alicia Vikander a du caractère et reste la révélation du film, bien plus convaincante que Redmayne. Ben Whishaw et Matthias Schoenaerts donnent le charisme qu'il faut a leurs petits seconds rôles. 

Sans être mauvais, le film ne propose finalement rien. Il lui faut une heure pour traiter ce qu'il doit se traiter en un quart d'heure maximum et surtout déçoit par le manque de personnalité total. Le scénario et la mise en scène se contente de raconter l'histoire sans ses tourments, ses moments noirs. Comme si à cette époque c'était si simple de se dire qu'il serait mieux en femme. Et s'il est en femme il faut absolument qu'il soit attiré par des hommes. Il manque terriblement de nuance, d'intelligence pour donner de la beauté et de la force à ce film une nouvelle fois très académique. 

A noter une partition de Desplat une nouvelle fois assez transparente, comme si tout ce que touche le cinéaste doit devenir calibré pour les oscars. Les acteurs une nouvelle fois portent le film de l'avant mais le film n'a pas vraiment de direction ni d’intérêt. On perd quand même deux heures de notre temps à suivre une histoire qui peut se lire sur wikipédia avec un sujet toujours bien plus intéressant que ce que l'on voit à l'écran. Tout les événements arrivent comme un cheveu sur la soupe toutes les demie heure et ne sont que platement traités. Cinématographiquement c'est plat, pour le sujet c'est superficiel bref si vous êtes fan des histoires d'amour à Oscars ou les acteurs pourquoi pas. 

Note : 4 / 10

mercredi 30 décembre 2015

Une Merveilleuse Histoire du Temps ( The Theory of Everything )




Réalisation : James Marsh 
Scénario : Anthony McCarten
Tiré du livre de Jane Hawking
Durée : 2 h 
Interprétation : Eddie Redmayne, Felicity Jones, Tom Prior, David Thewlis, Emily Watson, Harry Lloyd...
Genre : Biopic classique

Synopsis : 

La vie de Stephen Hawking. Dans les années 60 en Angleterre, un brillant étudiant en cosmologie victime de la maladie de Charcot. Alors que son corps se détériore, son cerveau repousse les limites de la science. Il va révolutionner le monde et la science et arriver à dépasser le 21ième siècle avec l'aide de sa femme Jane. 

Quand il y a un sujet à faire un biopic, on le produit facilement mais il faut que ce soit calibré pour les Oscars. Ce film en est un exemple de plus ( de trop ?). Avec cette histoire, difficile de ne pas être touché mais aussi de ne pas entrer dans rapidement le pathos. Heureusement le film l'évite mais il est de facture bien trop classique pour convaincre. Quand on a vu Le Scaphandre et le Papillon de Julian Schnabel, Une Merveilleuse Histoire du temps est sans grand intérêt. 

Le réalisateur anglais James Marsch, a qui l'on doit un des trois épisodes de Red Riding Trilogy, se frotte aux grosses machines hollywoodiennes et réussit proprement son boulot de la Grande Bretagne. C'est propre mais presque intégralement illustratif, un peu comme le scénario d'ailleurs. Le film nous raconte assez platement une vie triste mais sans aller dans la profondeur des thèmes. Tout est sans vague, sans surprise, sans tour de force avec que du savoir faire et principalement porté par de bons acteurs. Il est vrai qu'ils sont bons mais leurs rôles les poussent à les mettre en valeur avec un sujet sensible comme celui ci. 

Peu de science, beaucoup de vie de famille et la relation entre Stephen et Jane, le film ne prend que la direction du cinéma commercial facile et finalement sans grande saveur. Comme c'est anglais, c'est toujours plus sobre que la sauce américaine et toujours bien plus tenu niveau pathos mais ce n'est pas folichon non plus. Le film a du rythme et reste distrayant, alternant entre téléfilm et film à oscars. On ne peut pas parler de mauvais film ni de bon, juste une belle histoire illustrée pour le cinéma. L'acteur Eddie Redmayne a eu l'oscar pour le rôle, rien de vraiment étonnant, il avait tout de son côté avant même que le film ne soit monté. Idem que pour Julianne Moore et son Still Alice d'ailleurs. Seulement ici l'acteur ne porte pas le film car la forme est bien meilleure. Seulement sa composition reste comme le film : sobre et très illustrative de l'histoire. Oui je sais je suis aigri même si je n'ai rien contre cet acteur. L'Oscar était pour Jake Gyllenhaal dans Night Call ou Michael Keaton dans Birdman. 

Une merveilleuse histoire du temps est un biopic plus intéressant et touchant pour son sujet que pour le reste. Il s'attarde plus sur la vie sentimentale et familiale de Stephen Hawking que sur sa profession et sa psychologie. Si le film est distrayant, il reste cinématographiquement trop vain pour être mémorable. Cela n'empêche cependant pas qu'il reste un produit de luxe pour faire pleurer dans les chaumières. 

Note : 5 / 10